Décidément le reste à charge du compte personnel de formation passe mal : Depuis le 2 mai dernier, les titulaires du CPF doivent contribuer au financement de leur formation. Leur participation est passée de 100 à 102,33 euros en vertu de l’arrêté du 26 décembre 2024.
Mais cette quote-part risque bien d’être dissuasive : 68 % des répondants considèrent ce ticket modérateur “plutôt” comme un frein pour se former. Tel est l’un des principaux résultats du troisième baromètre réalisé par Lefebvre Dalloz compétences (*), l’entité formation du groupe éponyme, après une enquête réalisée de mai à septembre, auprès de 976 actifs.
Pour contourner ce surcoût, les salariés disposent toutefois d’un levier : se faire aider par leur employeur dans le cadre d’un co-investissement. Car dans ce cas, ils n’auront rien à débourser. Les entreprises ont donc tout intérêt à jouer la carte du CPF co-construit pour compenser ces dépenses. 34 % d’entre eux y ont déjà recours.
L’objectif est double : d’une part, trouver de nouvelles ressources extérieures pour muscler financièrement leur plan de développement des compétences. Car si dans 38 % des cas, les enveloppes débloquées par les directions sont en augmentation, elles stagnent dans 45 % des cas et diminuent même dans 17 %.
D’autre part, surfer sur l’engouement des salariés pour la formation. 81 % d’entre eux considèrent, en effet, la formation comme un levier stratégique pour leur entreprise et 57 % la jugent incontournable pour conserver leur attractivité.
L’irruption de l’intelligence artificielle n’y est pas étrangère : 51 % constatent qu’elle bouscule leurs pratiques professionnelles.
Reste que les mécanismes de co-investissement demeurent largement des agréments de gré à gré. 64 % des personnes interrogées indiquent qu’il s’agit d’une dotation volontaire. Seuls 18 % signalent la présence d’un accord collectif relatif au CPF sur leur lieu de travail. Et dans 14 % des cas, le financement se fait “au fil de l’eau” avec des dotations en argent ou en temps.
A défaut de capter cette manne financière, les responsables formation ont toutefois la possibilité de se tourner vers d’autres solutions de financement.
30 % des responsables formation ont ainsi recours à l’enveloppe du Fonds national pour l’emploi (FNE) et 22 % à celle des projets dédiés aux transitions professionnelles pour boucler leurs budgets. Ils restent, en revanche, moins consommateurs des enveloppes “Pro-A” qui visent à permettre au salarié de changer de métier ou de profession voire de bénéficier d’une promotion sociale ou professionnelle. 13 % seulement y ont recours.
Des pistes, toutefois, à explorer d’urgence : 71% des responsables de formation sondés considèrent la formation comme un levier pour fidéliser les salariés, en hausse de 12 points par rapport à 2024 et 56 % comme primordiale pour anticiper les nouveaux métiers (+14 points).
| Les formations digitales en forte croissance |
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Côté modalité pédagogique, là encore, les choses bougent. Les formations digitales se taillent la part du lion, passant de 20 % en 2024 à 68 % en 2025. Par ailleurs, le blended learning (qui combine formation en présentiel et à distance) est également en vogue, déployé par 33 % des répondants. Enfin, l’Afest ou “action de formation en situation de travail” et les serious games gagnent en notoriété, avec respectivement 11 % et 10 % des formations suivies. Soit six et sept points de plus qu’en 2024. A noter : l’intelligence artificielle ouvre également de nouvelles perspectives, notamment en personnalisant davantage les parcours de formation : elle est présente dans 12 % des formations suivies. Mais des freins demeurent de la part des actifs et des responsables de formation : ils sont techniques (36 %) mais aussi psychologiques (23 %) et financiers (21 %). En revanche, côté contenu, l’IA semble “négligée”. 71 % des répondants n’ont reçu aucune information ou formation sur ces nouvelles technologies de la part de leur entreprise. Et pour ceux qui ont suivi une formation, celle-ci s’est principalement focalisée sur les enjeux/bénéfices de l’IA (61 %), la réglementation (48 %) et le prompt (37 %). |
(*) actuEL-RH est une publication du groupe Lefebvre-Dalloz.

Cet article provient du site Editions Législatives - ActuEL RH