Les reconversions professionnelles demeurent largement livrées à l’initiative individuelle, révèle une étude de l’Ifop réalisée pour la Fondation Adecco Group et l’ANDRH. L’enquête met en lumière les défaillances des dispositifs d’accompagnement, tant du côté des entreprises que des actifs eux-mêmes.
Dans les entreprises, l’accompagnement des reconversions reste largement informel. Près des deux tiers des directeurs des ressources humaines (65 %) traitent ces demandes au cas par cas, faute de procédures établies. Principal obstacle identifié par les DRH : le manque de lisibilité des dispositifs existants qui complique la mise en place d’un accompagnement structuré.
Du côté des salariés, la reconversion apparaît comme “une étape difficile à franchir”. L’âge constitue le premier frein : 29 % des actifs se jugent “trop âgés” pour envisager un changement de carrière. S’ajoutent la crainte d’une perte de revenus (27 %) et la peur de ne pas retrouver d’emploi (20 %). Un actif sur cinq considère par ailleurs les démarches comme trop complexes.
Révélateur de cette approche individualisée : les entreprises ne figurent qu’en troisième position parmi les interlocuteurs privilégiés des candidats à la reconversion. Les organismes de formation arrivent en tête (56 %), devant les services publics de l’emploi (45 %). Pour 40 % des actifs, la reconversion reste avant tout un “projet solitaire”, loin d’une démarche collective structurée. De quoi alimenter les négociations des partenaires sociaux sur les transitions professionnelles, actuellement en cours.
Cet article provient du site Editions Législatives - ActuEL RH