
En plaçant la formation, acteur central de la transformation dans l’entreprise, au cœur de ces enjeux stratégiques écologiques, les entreprises peuvent transformer leurs processus, innover et répondre plus efficacement aux défis de durabilité, renforçant ainsi l’ancrage des pratiques durables à tous les niveaux.
Cette prise de conscience est renforcée par des évolutions législatives, comme la CSRD, et par les attentes croissantes des collaborateurs, particulièrement des jeunes talents, qui privilégient les employeurs engagés dans la transition écologique. Selon une étude CSA pour LinkedIn et l’Ademe, 78 % des salariés privilégient ainsi une entreprise engagée dans la transition écologique, et 68 % souhaitent être formés sur ces enjeux, une tendance particulièrement forte chez les jeunes de moins de 35 ans pour qui l’engagement environnemental est un critère clé. Une entreprise qui s’engage durablement renforce ainsi sa viabilité économique, mais attire et fidélise également les talents les plus prometteurs.

Alors que la pression s’intensifie pour adopter des pratiques durables, les directions formation émergent donc comme des leviers cruciaux pour transformer les entreprises en acteurs majeurs de la transition écologique. Toute la question est maintenant de passer de l’intention aux actes et, en juste suite, de définir comment accompagner, porter et outiller cette transition essentielle. Si le chemin peut être long, il est bien balisé et intègre au moins trois points de passage obligatoires assez identifiés.
Si la sensibilisation aux enjeux écologiques a connu des avancées significatives ces dernières années, elle ne suffit plus à répondre aux défis environnementaux actuels et futurs. De nombreuses entreprises ont déjà adopté des initiatives de sensibilisation, telles que la Fresque du Climat, les ateliers 2tonnes, ou des journées thématiques comme la Journée de la Terre. Ces dispositifs permettent de visualiser l’impact de chacun et les possibilités offertes pour adapter son comportement et sa consommation. Ces actions sont souvent complétées par des programmes de nudges écologiques (incitations à agir, sans imposer de règles ni de contraintes), encourageant les employés à adopter des comportements plus responsables, comme éteindre les lumières en quittant une salle ou réduire les déchets quotidiens. Bien que ces efforts de sensibilisation soient essentiels, ils ne constituent qu’une première étape dans la transformation écologique des entreprises.
L’enjeu majeur est aujourd’hui de traduire cette sensibilisation en actions concrètes, qui doivent désormais intégrer des pratiques durables spécifiques à leur activité, rendant l’écologie véritablement opérationnelle dans les métiers. Dans le secteur bancaire et financier, cela passe par exemple par l’adoption de politiques de finance durable intégrant des critères d’investissement ESG, transformant ainsi les objectifs, les méthodes et les priorités du métier pour mieux anticiper et s’adapter au changement climatique. Dans l’industrie, l’effort se concentre plutôt sur la formation des équipes à la gestion des ressources durables et à l’utilisation de l’intelligence artificielle pour améliorer les process et renforcer la maintenance préventive – plus spécifiquement le secteur ferroviaire mise à titre d’illustration sur l’optimisation de l’alimentation électrique de son réseau, etc. Tous ces changements se retrouvent aussi dans les fonctions supports, sur des projets dédiés ou transverses concernant alors tout le groupe comme des objectifs de réduction de la masse de données hébergées sur les serveurs de l’entreprise.

Ces exemples illustrent parfaitement comment les entreprises peuvent aller au-delà de la sensibilisation pour intégrer concrètement les pratiques durables dans leurs opérations, contribuant ainsi de manière significative à la transition écologique et énergétique. Reste que la structuration des initiatives de formation aux enjeux environnementaux est encore en cours dans de nombreuses entreprises et prend à chaque fois des formes diverses. Certaines ont créé des directions propres, intégrant les dimensions environnementales, sociales et de gouvernance dans leur stratégie globale, avec un volet formation pour acculturer et accompagner les collaborateurs. D’autres ont opté pour des académies ESG, portant directement les projets de sensibilisation et de formation, comme des Climate School. Ces approches variées reflètent un sujet de structuration, où chaque entreprise adapte ses dispositifs à ses priorités et enjeux.
En s’appuyant sur des dispositifs de formation innovants et structurés, les entreprises ont l’opportunité de devenir des acteurs majeurs de la transition écologique, en transformant leurs ambitions en actions concrètes pour un impact durable. Les entreprises qui tarderont à intégrer ces enjeux dans leur stratégie risquent de se retrouver dépassées et seules celles qui s’adapteront rapidement pourront espérer prospérer dans un avenir durable.

Cet article provient du site Editions Législatives - ActuEL RH