Dans une étude publiée le 17 juillet 2025, le Centre d’études de l’emploi et du travail (CEET) revient sur la réforme du congé parental entrée en vigueur en 2015. L’objectif de cette réforme était d’encourager un meilleur partage de ce congé entre les parents et de favoriser le retour en emploi des mères. Pour les familles donnant naissance à un deuxième enfant ou plus, l’indemnisation a été réduite de trois à deux ans en cas de non partage.
L’étude montre que la réforme n’a pas réellement permis un meilleur partage du congé, puisque le recours des pères demeure très marginal. “Les mères ne pouvant plus profiter d’une indemnisation pendant trois ans, la réforme faisait le pari d’une « prise de relais » du congé indemnisé par les pères (au plus tard) aux deux ans de l’enfant, explique le CEET. Dans les faits, cette prise de relais ne s’est pas produite ou que très marginalement. Le recours au congé indemnisé des pères d’un deuxième enfant ou plus a augmenté de 1,4 pp. pour le congé à taux partiel et de 0,2 pp. pour le congé à taux plein”.
“Une première explication peut résider dans la faiblesse de l’indemnisation perçue en cas de congé parental”, indique le CETT. Toutefois, nuance l’étude, “la dimension financière est (…) loin d’être la seule cause de ce partage inégalitaire du congé parental. Il s’explique aussi par l’existence de stéréotypes de genre qui jouent sur le rapport au congé parental des parents”.
En revanche, “la réforme a bien permis un retour en emploi plus précoce de certaines mères, note le CEET. Le taux d’emploi des mères de deux enfants ou plus a augmenté de 5,5 pp. au cours de la troisième année de leur enfant, passant de 56,9 % à 62,4 %. Si l’on rapporte cette augmentation aux seules mères qui ont dû renoncer à un congé indemnisé de trois ans, cela signifie qu’un peu plus d’un tiers d’entre elles (35,7 %) sont en emploi au cours de cette troisième année, tandis que près des deux tiers n’y sont pas”.
A noter toutefois : “près de deux tiers des mères ayant dû renoncer à une troisième année d’indemnisation ne sont pas retournées en emploi (64,3 % plus précisément). La réforme a ainsi généré des situations où les mères sont restées en congé parental sans indemnisation la troisième année”.
Cet article provient du site Editions Législatives - ActuEL RH