Santé publique France a annoncé début novembre la mise en place d’une “surveillance épidémiologique de l’état de santé des travailleurs et travailleuses en France selon l’activité professionnelle” (SEESTA)* visant à élaborer et diffuser “régulièrement auprès des acteurs de la prévention (pouvoirs publics, médecins du travail, préventeurs, partenaires sociaux…) une grande variété d’indicateurs de santé déclinés selon l’activité professionnelle, en particulier le secteur d’activité”.
Dans sa notice d’information collective, l’agence nationale de santé publique relève “qu’environ le tiers des différences sociales de mortalité par cancer dans les pays industrialisés (différences qui sont très fortes, en Europe et en France en particulier), est expliqué par l’exposition à des facteurs d’origine professionnelle”, précisant que “de très nombreux problèmes de santé (cancers, pathologies musculosquelettiques, respiratoires, cardio-vasculaires, neurologiques, troubles mentaux) trouvent tout ou partie de leur origine dans l’environnement professionnel, à travers l’exposition à des nuisances physiques, chimiques mais également aux facteurs psychosociaux en lien avec l’organisation du travail”.
Santé publique France indique que “les différentes phases d’analyse débuteront dès la mise à disposition des données et se poursuivront jusqu’à l’automne 2028”. Contactée, l’agence nous a informé que les premiers résultats seront publiés à horizon fin 2025/début 2026. Dans un premier temps, l’axe de travail privilégié sera d’étudier “les contrastes entre les secteurs pour une pathologie donnée”.
► Les analyses reposeront sur l’exploitation d’informations individuelles existantes issues de deux sources qui associent des trajectoires socioprofessionnelles et des données relatives à la santé. L’échantillon démographique permanent (EDP), échantillon représentatif des personnes vivant en France (échantillon 4,4 % de la population), initié en 1968 et géré par l’Insee, et enrichi au fil du temps par des informations issues de multiples sources (notamment recensement, état civil, déclarations sociales des employeurs et sources fiscales). Et l’EDP-Santé, version de l’EDP enrichie par les données de santé du système national des données de santé (SNDS), constitué et géré par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees).
Cet article provient du site Editions Législatives - ActuEL RH