Non prévue par la lettre de cadrage de François Bayrou, les partenaires sociaux, réunis pour la négociation sur le réajustement de la réforme des retraites de 2023, ont abordé l’éventuelle introduction d’une dose de capitalisation dans le système, soit un troisième étage, en sus de la retraite de base et complémentaire du système par répartition.
Seules quatre organisations – Medef, CPME, du côté patronal, et CFE-CGC, CFDT du côté des organisations syndicales – étaient présentes. La CFTC, qui a refusé de participer aux deux séances consacrées à la protection sociale, reviendra autour de la table dès le 30 avril.
Reste que si le sujet ne constitue pas un “tabou” pour les organisations syndicales présentes, les approches diffèrent. La CPME a ainsi proposé de travailler une heure de plus par semaine pour “financer sa propre retraite” (soit 6,5 jours de RTT en moins pour les cadres en forfaits-jours) tandis que la CFE-CGC et la CFDT plaident pour un élargissement des dispositifs d’épargne d’entreprise, comme le plan d’épargne retraite (PER), aux PME-TPE, via la signature d’accords de branche. Pour l’heure, seule la métallurgie aurait entamé des discussions sur le sujet.
Les participants s’accordent néanmoins sur la nécessité d’une négociation interprofessionnelle distincte incluant les quatre organisations absentes (U2P, FO, CGT et CFTC), bien que FO et la CGT s’opposent fermement à la capitalisation. “En tout cas, bien évidemment, c’est un sujet que nous conclurons en discussion à huit et pas à quatre”, a déclaré Eric Chevée (CPME), espèrant toutefois que l’éventuel accord pour réaménager les retraites – si compromis il y a – acte le principe.
Les deux prochaines séances (30 avril et 15 mai) seront, elles, consacrées à la question du pilotage du système des retraites.
Cet article provient du site Editions Législatives - ActuEL RH