Après certaines incertitudes d’agenda, les partenaires sociaux se retrouveront bien, demain à 11 heures, à Matignon en présence du Premier ministre, François Bayrou, de Catherine Vautrin et d’Astrid Panoysan-Bouvet, les deux ministres en charge du dossier pour lancer l’ouverture des discussions sur les retraites.
Les partenaires sociaux devraient toutefois entrer réellement dans le vif du sujet une fois les conclusions du rapport de la Cour des comptes – missionnée par Matignon – connues. Les partenaires sociaux auront alors trois mois pour boucler leurs discussions. En cas d’accord des partenaires sociaux, “il y aura une loi déposée et examinée avant l’été à l’Assemblée nationale et au Sénat”, a indiqué mardi François Bayrou à l’Assemblée nationale. A défaut, c’est la réforme de 2023 qui s’appliquera comme l’a précisé le Premier ministre lors de son discours de politique générale. Le Premier ministre a toutefois nuancé hier sa position devant les sénateurs, indiquant qu’en cas de consensus sur certaines parties avec “une zone de progrès identifiée par les participants”, même sans accord global, “alors nous préparerons un texte que nous soumettrons à l’Assemblée et au Sénat”.
Interrogée hier sur France Info, la ministre du travail, Astrid Panosyan-Bouvet, a apporté des précisions sur les modalités et la teneur des discussions à venir, et répondu aux socialistes qui estiment que le compte n’y est pas alors qu’ils attendaient que le Premier ministre prononce la suspension de la réforme des retraites. “C’est la première fois” qu’on dit que “la réforme de 2023 est perfectible”. Ce n’est pas la suspension mais on remet tous les sujets sur la table, y compris l’âge” à condition que soit respectée “une règle d’or, retour à l’équilibre dans un horizon raisonnable”.
Redonner la main aux partenaires sociaux
Questionnée sur le risque d’un échec des négociations tant les désaccords sont grands entre les syndicats et le patronat sur le sujet, la ministre a rappelé que les organisations patronales et syndicales (sauf la CGT) ont appelé d’une seule voix à une stabilité politique, en décembre dernier. Elle estime ainsi que “c’est biaisé de penser qu’il y aura échec. Il faut jouer la confiance”, insiste-t-elle. “Les partenaires sociaux sont beaucoup plus ancrés [que les politiques] dans la réalité économique et sociale et beaucoup plus capables qu’on ne le croit au compromis”.
D’autant, estime-t-elle, qu’il “existe des vrais sujets d’amélioration sur la pénibilité, la retraite des femmes” et qu’il conviendra également de “prendre en compte les préoccupations du patronat”.
S’agissant des modalités de ces discussions, elles seront “animées par un expert ou un garant de la négociation”, a indiqué la ministre du travail. Son nom n’est pour l’heure pas connu mais “il devra susciter la confiance des partenaires sociaux”, souligne Astrid Panosyan-Bouvet. D’ailleurs ces derniers sont invités à proposer des noms.

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