Vous avez reçu le Grand Prix de l’ANDRH et le Prix IA & Data. En quoi consiste votre projet ?
Yalcin Avcioglu : Nous sommes partis d’un double constat : d’un côté, des collaborateurs qui posent beaucoup de questions sur la rémunération et les avantages sociaux ; de l’autre, des équipes RH et paie très sollicitées sur ces mêmes sujets. Nous avons voulu démocratiser l’accès à ces informations et les remettre directement entre les mains des salariés.
L’idée est de proposer un outil en self-service, capable de fournir des informations personnalisées selon la situation de chacun : rémunération, avantages sociaux, politiques RH…
Concrètement, comment fonctionne l’application ?
Stéphanie Legrand : Lorsqu’un collaborateur se connecte, il accède à sa situation personnelle, avec ses données RH. Il peut ensuite naviguer entre différents modules et réaliser des simulations selon ses besoins ou ses moments de vie.
Par exemple, une salariée qui envisage de passer à temps partiel après une naissance peut ajuster ses jours travaillés et visualiser immédiatement l’impact sur son salaire, avec la possibilité de cotiser sur une base temps plein.
Autre cas : convertir son compte épargne temps en équivalent monétaire pour financer un projet, ou encore simuler l’impact d’un arrêt longue maladie grâce aux dispositifs de prévoyance.
Cet outil peut-il répondre aux enjeux de transparence salariale ?
Yalcin Avcioglu : Nous avons déjà structuré des trajectoires de rémunération par métiers. Un collaborateur peut ainsi visualiser les évolutions salariales associées à son poste ou à un poste cible. Cela lui permet de se projeter dans son parcours professionnel. 220 emplois ont ainsi été passés au crible.
C’est une première brique qui va dans le sens de la future directive européenne sur la transparence salariale, même si des ajustements seront nécessaires lorsque les textes seront publiés.
À qui s’adresse l’application ?
Stéphanie Legrand : Elle est accessible à l’ensemble des collaborateurs, y compris les apprentis. Les fonctionnalités s’adaptent ensuite en fonction du statut et de l’ancienneté de chacun.
Sous quel format se présente “Ma Rému 360”?
Yalcin Avcioglu : L’application est accessible à la fois sur ordinateur et sur téléphone professionnel.
Stéphanie Legrand : Elle a été développée en interne via Power Apps, avec l’appui de nos équipes data.
Quels bénéfices concrets en attendez-vous ?
Stéphanie Legrand : Il est encore un peu tôt pour dresser un bilan complet, mais nous observons déjà une baisse des sollicitations adressées aux équipes RH.
Yalcin Avcioglu : Nos objectifs sont triples : renforcer l’engagement des collaborateurs, améliorer la transparence et permettre aux équipes paie de se concentrer sur des sujets à plus forte valeur ajoutée. Nous voulons mettre la data au service des collaborateurs.
Prévoyez-vous de faire évoluer l’outil ?
Stéphanie Legrand : Oui, une version enrichie est déjà en préparation, pour avril, notamment avec un module dédié à la mobilité durable, qui permettra de simuler les aides liées aux transports ou aux véhicules électriques.
Yalcin Avcioglu : L’application sera mise à jour régulièrement, notamment après les négociations annuelles obligatoires ou les accords d’intéressement, afin de refléter les évolutions.
Combien de temps a nécessité son développement et quel est son coût ?
Stéphanie Legrand : Environ un an, de la conception à la mise en ligne. Le projet a été mené en collaboration entre les équipes RH, data et les gestionnaires de paie, qui ont apporté leur connaissance des besoins terrain. Son coût est de 60 jours-homme.
L’outil est-il partagé avec d’autres entités ?
Yalcin Avcioglu : Nous l’avons présenté à d’autres Caisses d’Épargne et il suscite de l’intérêt. Mais chaque entité régionale reste indépendante dans ses outils et sa politique RH.
Présentation de la page d’accueil de l’application “Ma rému 360”

Cet article provient du site Editions Législatives - ActuEL RH
