Près d’un dirigeant sur deux (46 %) affirme avoir réduit ses effectifs en raison de l’intelligence artificielle (IA), selon une étude du cabinet de conseil en ressources humaines LHH, menée entre janvier 2024 et mars 2025 auprès de 8 281 personnes en transition professionnelle dans 17 pays. Pourtant, seuls 12,4 % des salariés licenciés attribuent leur départ à cette technologie – un écart de perception de 34 points qui traduit, selon LHH, une “transformation silencieuse mais profonde du marché du travail”.
Cette méconnaissance n’est pas sans conséquences. Les personnes dont le licenciement est lié à l’IA peinent davantage à rebondir : seulement 36,9 % d’entre elles retrouvent un emploi dans les trois mois, contre 46,2 % pour les autres candidats. Elles présentent également deux fois plus de risques de connaître une période de chômage supérieure à 12 mois.
Paradoxe de cette révolution technologique : ce sont les secteurs les plus avancés qui subissent le plus fort taux de licenciements liés à l’IA. Dans le secteur des logiciels informatiques, 23,3 % des départs y sont attribués, contre seulement 2,5 % dans l’énergie et l’environnement. Une preuve, souligne l’étude, que l’expertise technologique ne protège plus de l’obsolescence des compétences.
Cet article provient du site Editions Législatives - ActuEL RH