Les recrutements de cadres pourraient rebondir en 2026, mais des incertitudes persistent


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Après deux années de net recul, le marché de l’emploi cadre pourrait reprendre des couleurs en 2026. Selon l’enquête annuelle de l’Apec, dévoilée hier, les entreprises du secteur privé prévoient 305 800 recrutements cette année, soit une hausse de 4 % par rapport à 2025. Un niveau qui permettrait de repasser au-dessus du seuil symbolique des 300 000 embauches, sans toutefois compenser totalement la contraction de 11 % enregistrée sur la période 2024-2025.

Cette embellie reste néanmoins fragile. “Elle demande à être confirmée, compte tenu du contexte géopolitique”, prévient Laetitia Niaudeau, directrice générale de l’Apec. L’enquête, menée auprès de 8 100 entreprises entre le 12 novembre 2025 et le 30 janvier 2026, a en effet été réalisée avant le déclenchement du conflit au Moyen-Orient, susceptible de peser sur les perspectives économiques.

Les services à forte valeur ajoutée en tête

La reprise attendue serait principalement tirée par les services à forte valeur ajoutée, portés par la reprise de l’investissement des entreprises. Les activités informatiques (+5 %), l’ingénierie-R&D (+7 %) et le conseil (+6 %) devraient ainsi enregistrer des progressions notables, tout comme la banque-assurance (+9 %). À l’inverse, les secteurs de la communication et des médias resteraient à la peine.

Avec 61 160 recrutements prévus, les métiers de l’informatique demeureraient les plus recherchés. Transformation numérique, cybersécurité et développement de l’intelligence artificielle continuent de soutenir la demande. “À la direction des études de l’Apec, on dit souvent : quand l’informatique va, tout va”, souligne Laetitia Niaudeau.

Industrie et défense en soutien, commerce en recul

L’industrie et la construction contribueraient également à cette dynamique (+3 %), contrairement au commerce, toujours en difficulté (-2 %). Certains segments industriels, notamment la défense, apparaissent particulièrement dynamiques, soutenus par la hausse des budgets militaires. Toutefois, ces activités se heurtent à des tensions de recrutement, en particulier au sein des PME de la filière, encore en phase de structuration.

Les jeunes diplômés toujours fragilisés

Côté profils, le redressement bénéficierait surtout aux cadres disposant de six à 10 ans d’expérience, dont les intentions d’embauche progresseraient de 16 %. À l’inverse, les jeunes diplômés resteraient en retrait, ne représentant qu’une faible part des recrutements. Déjà fragilisés en 2025, ils devraient être les premiers affectés en cas de nouvelles restrictions budgétaires.

L’an dernier, le marché de l’emploi cadre avait poursuivi son ralentissement, dans un contexte économique peu porteur. “Les jeunes cadres apparaissent plus exposés, ce qui constitue un signal de vigilance, souligne Hélène Garner, directrice des données et des études de l’Apec. Les recrutements de profils ayant moins de cinq ans d’expérience ont ainsi reculé de 5 %.

Si la reprise amorcée début 2026 s’inscrit dans la lignée des prévisions de la Banque de France et de l’Insee, elle reste soumise à de nombreux aléas, notamment liés à la conjoncture internationale et à la crise énergétique.

L’impact encore limité de l’intelligence artificielle

Quant à l’impact de l’intelligence artificielle sur l’emploi cadre, il demeure à ce stade limité. “On n’observe pas d’effet majeur, ni sur les activités informatiques ni sur les jeunes diplômés. Il est encore trop tôt pour établir un lien de causalité”, nuance Hélène Garner. Si certains signaux faibles apparaissent, notamment dans l’informatique, aucune étude ne permet aujourd’hui de relier directement ces évolutions à l’essor de l’IA.

Les promotions internes, un point d’appui

Enfin, un indicateur apporte une note plus positive : les promotions internes. En 2025, 67 100 salariés ont accédé au statut cadre. Malgré un recul par rapport à 2024, ces mobilités internes, combinées aux recrutements, ont permis de maintenir une progression des effectifs cadres. Au total, l’emploi cadre a ainsi augmenté de 1,5 % en 2025, pour un solde net de 59 200 créations.

 

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Anne Bariet
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Selon l’enquête annuelle de l’Apec publiée hier, l’emploi de cols blancs devrait repartir à la hausse cette année, avec 305 600 intentions d’embauches prévues, contre 294 500 en 2025. Cette reprise reste toutefois soumise à de nombreux aléas, notamment liés à la conjoncture internationale et à la crise énergétique.
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Cet article provient du site Editions Législatives - ActuEL RH