Un avis du Comité économique et social européen sur “Une intelligence artificielle au service des travailleurs : leviers pour exploiter le potentiel et atténuer les risques de l’IA dans le cadre des politiques de l’emploi et du marché du travail a été publié au Journal officiel de l’Union européenne du 21 mars dernier (en pièce jointe).
L’adoption des outils d’IA au sein des entreprises européenne fait face à “une accélération de ce phénomène depuis l’apparition des outils d’IA générative”, affirme le Comité économique et social européen dans son avis. Cependant, des différences existent entre les grandes entreprises et les PME. “Bien que l’on manque de données et de connaissances cohérentes sur la manière précise dont l’IA se développera, on peut raisonnablement escompter qu’elle touchera le monde du travail de multiples manières et qu’elle pourrait prendre une place éminente dans l’emploi de nombreuses personnes”, poursuit-il.
Le sujet des conditions de travail représente “le domaine pour lequel les incidences des systèmes d’IA présentent le plus d’ambiguïté”. En effet, utilisés judicieusement, “les outils fondés sur l’IA pourraient améliorer les conditions de santé et de sécurité au travail”, insiste le Comité économique et social européen. Par exemple, ils peuvent permettre :
- d’alléger la charge de travail et de contribuer au bien-être des travailleurs ;
- d’améliorer l’équilibre vie professionnelle/vie privée et la santé mentale au travail ;
- de supprimer ou de réduire les tâches dangereuses ;
- d’éviter les troubles musculosquelettiques (TMS) ;
- d’accroître la satisfaction au travail en remplaçant l’être humain dans des tâches répétitives et fastidieuses ;
- de parvenir à des décisions et pratiques de meilleures qualité, plus équitables et non discriminatoires grâce à des applications d’IA.
Toutefois, si les conditions d’un déploiement en toute confiance des systèmes d’IA au travail ne sont pas remplies, certains risques émergent. Il faut être vigilant sur les systèmes de gestion algorithmique et sur les formes de contrôle qu’ils exercent sur les travailleurs. Ces pratiques peuvent être source de surveillance abusive, de discrimination, de perte d’autonomie et de risques psychosociaux (RPS) pour les travailleurs. “Les outils d’IA peuvent perturber les collectifs de travail et exacerber le sentiment d’isolement parmi les employés”, alerte le CESE. En outre, “les systèmes d’IA peuvent aggraver les asymétries d’information entre la direction et les travailleurs”, termine-t-il.
Le Comité économique et social européen conseille donc aux entreprises qui emploient de telles technologies de s’intéresser aux opportunités des systèmes d’IA pour améliorer les conditions de travail.
Cet article provient du site Editions Législatives - ActuEL RH