Après la CFTC lundi, plusieurs organisations patronales et syndicales se sont prononcées hier sur les trois accords nationaux interprofessionnels issus des négociations de novembre : l’assurance chômage, le dialogue social et les seniors.
Le Medef a ajouté sa signature aux trois accords. L’organisation patronale retient un “dialogue social pragmatique et efficace” aboutissant à des accords qui ” préservent la compétitivité des entreprises, améliorent l’efficacité du modèle social, tout en accompagnant la mise en œuvre de la réforme des retraites”. Son communiqué ne revient pas sur la suppression à trois mandats des élus de CSE, l’organisation appelant simplement à la transposition des trois textes. L’Union des entrerprises de proximité (U2P) appose également sa validation sur les trois accords car “ils répondent à trois objectifs prioritaires pour l’U2P : prendre en compte les spécificités des petites entreprises en matière d’assurance chômage et d’emploi des seniors, engager une baisse des cotisations patronales d’assurance chômage, replacer les partenaires sociaux au centre du jeu social et économique”.
A la CFDT, on considère les trois textes comme “porteurs d’avancées pour les salariés et les demandeurs d’emploi”. La confédération se félicite notamment de la retraite progressive à 60 ans et de la négociation obligatoire sur l’emploi des salariés expérimentés dans les branches et les entreprises de plus de 300 salariés. La CFDT revendique “d’avoir “obtenu le renforcement des droits de salariés précaires, les primo demandeurs d’emploi et les saisonniers, qui pourront percevoir une allocation chômage à partir de 5 mois de travail minimum”. Elle rappelle également que “l’avenant Assurance chômage à l’accord de novembre 2023 concrétise, quant à lui, l’engagement de la CFDT de réviser les règles d’indemnisation des demandeurs d’emploi seniors seulement si un accord sur l’emploi et le travail était signé”.
FO souligne que “la conclusion de cet avenant permet aux interlocuteurs sociaux et au paritarisme de reprendre la main sur l’assurance chômage” et que la négociation “enterre définitivement le projet de réforme (…) de Gabriel Attal”. L’accord seniors et la retraite progressive à 60 ans constituent “d’une première étape dans la remise en cause de la réforme des retraites de 2023, dont FO revendique plus que jamais l’abrogation”. Force Ouvrière revendique particulièrement l’accord supprimant le plafond de trois mandats au CSE : “FO a réussi à obtenir la conclusion d’un troisième accord qui demande aux pouvoirs publics la suppression de la limite du nombre de mandats successifs des membres du CSE. Cet accord permet pour la première fois de revenir sur les ordonnances travail de 2017”.
Les trois organisations appellent le gouvernement à respecter son engagement de transposition fidèle des accords dans la loi.
En revanche, la CFE-CGC ne signe que les textes seniors et dialogue social. Elle n’a jamais caché son opposition de principe au protocole d’accord de 2023 sur l’assurance chômage qui prévoyait la dégressivité des allocations mais voit la fin des trois mandats comme “une bonne chose” et l’accord senior comme présentant des plus-values insuffisantes. Elle le signe néanmoins à la majorité relative.
La CPME et la CGT doivent bientôt réunir leurs instances pour faire connaître leurs positions.
Cet article provient du site Editions Législatives - ActuEL RH