L’échéance est fixée au 31 décembre 2025. A cette date, les entreprises des industries pharmaceutiques devront avoir mis en place un plan d’action en faveur des salariés aidants. Un sujet à part entière pour les RH, considéré comme une “responsabilité sociale et sociétale”. Tel est l’objet de l’accord signé, le 22 janvier, par la fédération patronale, le Leem, et cinq des six organisations syndicales représentatives de la branche, la CFDT, la CFE-CGC, la CFTC, FO et l’Unsa, totalisant 84,86 % des voix. C’est l’un des tout premiers accords de branche sur ce thème. À travers ce texte, à durée indéterminée, le secteur s’engage à mettre en place une politique “contribuant à la reconnaissance et au soutien des salariés aidants”.
Le sujet est, en effet, crucial : la France compte entre 8 et 11 millions de proches aidants non professionnels, dont 61 % sont en activité, selon France Travail. D’ici à 2030, un salarié sur quatre sera proche aidant. La prise en compte et la gestion de la problématique des salariés aidants deviennent donc prioritaire.
Concrètement, en sus des engagements en matière de non-discrimination, d’égalité de traitement, ce plan d’action se décline en trois volets.
Tout d’abord, les entreprises devront, d’ici à la fin de l’année, négocier un accord ou se doter d’une charte dédiée aux salariés aidants. Devront y figurer une définition de l’aidant, les engagements de l’entreprise en matière d’aménagement du temps de travail, le soutien apporté aux personnes concernées mais aussi la désignation d’un référent aidant. Qui peut être le référent handicap ou le référent harcèlement moral et sexuel. Parmi ses missions : améliorer l’accès à l’information des salariés aidants, les orienter vers des professionnels compétents, mettre en place des actions au sein de l’entreprise afin de réduire les préjugés et d’éviter les situations de stigmatisation ou de discrimination.
“Le référent aidant devra bénéficier des ressources nécessaires à l’exercice de sa mission, par exemple, temps dédié, formation, outils, appui et échanges avec d’autres acteurs internes”.
L’accord précise aussi que les entreprises peuvent mettre en œuvre des groupes de parole qui peuvent contribuer “à réduire la charge mentale et à prévenir l’épuisement des aidants”.
Ensuite, les entreprises devront activer des actions de sensibilisation à l’égard de toutes les parties prenantes et mettre à disposition des salariés des outils (supports de communication, guide…) au plus tard le 31 décembre 2025. “Les entreprises s‘engagent à renouveler au moins une fois par an ces actions, notamment à l’occasion de la journée nationale des aidants, qui sont au cœur de la politique des aidants”. A cette occasion, les salariés auront accès à un questionnaire leur permettant d’auto-évaluer leur situation et de déterminer s’ils sont ou non aidants.
Ces actions peuvent être mises en place au niveau de plusieurs entreprises qui se situeraient sur le même bassin d‘emploi, afin de mutualiser les outils et les coûts éventuels. Les entreprises peuvent aussi s’appuyer sur des associations, à l’instar de Ma boussole aidants, l’Association française des aidants, la Compagnie des aidants.
Les entreprises du secteur s’engagent “à réaliser une évaluation périodique et régulière des dispositifs mis en place en interne”, et à réaliser un bilan annuel du nombre de demandes reçues, acceptées ou refusées.
Surtout, les entreprises devront activer, d’ici à la fin de l’année, l’une des quatre dispositions suivantes visées dans l’accord :
- congé de proche aidant conventionnel de trois jours rémunérés à hauteur du 100 % du salaire net ;
- dons de jours avec un abondement de l’entreprise d’au moins trois jours par année civile et par salarié aidant qui bénéficie du don ;
- maintien de tout ou partie de la rémunération du salarié aidant qui serait amené à prendre un des congés légaux visés par l’accord, qu’il s’agisse du congé proche aidant, du congé de présence parentale ou du congé de solidarité familiale ;
- maintien des cotisations retraite à 100 % (régime de base et complémentaire), si une rémunération est maintenue, pendant tout ou partie des congés légaux visés par l’accord, qu’il s’agisse du congé proche aidant, du congé de présence parentale ou du congé de solidarité familiale.
L’accord prévoit, enfin, de valoriser les compétences acquises par le salarié aidant. Pour ce faire, les salariés auront la possibilité de faire un état des lieux des compétences acquises du salarié, pendant leur période d’aidance, à l’aide d’un questionnaire permettant de recenser les savoir-être et les savoir-faire qu’ils ont pu acquérir. L’occasion pour les salariés aidants de mettre en avant les compétences qu’ils auraient assimilées dans le cadre de leur situation d’aidance.

Cet article provient du site Editions Législatives - ActuEL RH