Les compétences vertes, nouvel atout sur le marché de l’emploi


A la une

La transition écologique commence à produire des effets concrets sur le marché du travail. Une étude inédite de la Dares, publiée le 20 mars, vient confirmer ce que de nombreux observateurs pressentaient : les compétences vertes constituent désormais un critère de différenciation favorable pour les salariés.

L’enquête, basée sur l’analyse de la base de données Jocas recensant les offres d’emploi publiées depuis 2019, s’est penchée sur six professions – mécanicien, couvreur, façadier, chauffagiste, juriste et architecte – pour y traquer l’émergence de ces “green skills”. Loin de créer de nouveaux métiers ex nihilo, la transition écologique semble plutôt infuser dans les professions existantes, y apportant des savoir-faire spécifiques.

Une tendance discrète mais constante

Si le phénomène demeure modéré – ces compétences vertes représentant moins de 15 % des offres d’emploi en 2023 – la progression est néanmoins constante depuis quatre ans. “Le besoin de ces savoir-faire, mesuré par la proportion d’offres d’emploi les mentionnant, s’accroît dans l’ensemble des métiers sélectionnés”, souligne Yannis Bouachera, auteur de l’étude.

Dans le détail, les travaux d’isolation pour les façadiers ont connu la plus forte progression (+14 points entre fin 2019 et fin 2023), suivis par l’installation de panneaux solaires pour les couvreurs (+5 points) et la mise en place de pompes à chaleur pour les chauffagistes (+3 points). Des évolutions qui s’inscrivent dans le sillage des politiques publiques, notamment le dispositif MaPrimeRénov, mais qui touchent également les professions intellectuelles, à l’image des juristes spécialisés dans les contentieux environnementaux.

L’étude révèle par ailleurs une cartographie différenciée de ces besoins selon les territoires, les compétences liées à l’isolation ou au chauffage étant davantage recherchées dans les zones exposées aux températures basses.

Un avantage compétitif pour les salariés

L’acquisition de ces compétences vertes s’accompagne de bénéfices tangibles pour les professionnels concernés. Premier constat : une stabilité contractuelle accrue. La proportion d’offres en CDI s’avère significativement plus élevée pour les chauffagistes maîtrisant l’installation de pompes à chaleur (+22 points) ou les couvreurs formés à la pose de panneaux solaires (+18 points).

Second avantage : une valorisation salariale. Les rémunérations médianes proposées sont supérieures lorsque les offres mentionnent ces compétences spécifiques, avec des écarts particulièrement marqués pour les juristes spécialisés en droit de l’environnement ou les architectes (+16 % dans les deux cas) mais aussi importantes pour les chauffagistes (+ 8 %), les mécaniciens (+8 %) et les couvreurs (+5 %). “Cette valorisation peut également révéler des difficultés plus prononcées pour recruter des candidats possédant ces compétences”, nuance toutefois Yannis Bouachera.

La Dares invite néanmoins à une interprétation prudente de ces résultats, ces offres d’emploi émanant potentiellement d’entreprises de taille importante et financièrement solides, capables d’offrir de meilleures conditions indépendamment du critère écologique. Mais cette étude s’avère suffisamment pertinente pour que la direction statistique du ministère du travail envisage d’élargir cette méthodologie d’analyse à d’autres domaines, notamment celui de la transition numérique, confirmant ainsi l’importance croissante de ces nouvelles compétences sur le marché de l’emploi.

Visuel réduit: 
Visibilite: 
privé
Signature: 
Anne Bariet
Supports de diffusion: 
Plus de CDI et des salaires médians supérieurs : les métiers dotés de “green skills” sont davantage valorisés auprès des recruteurs, selon une étude de la Dares réalisée à partir de l’analyse d’offres d’emplois de six métiers spécifiques, entre 2019 et 2023.
Cacher le visuel principal ?: 
Non
Type de produit: 
Produit d’origine: 
Auteur extérieur: 
Application immédiate: 

Cet article provient du site Editions Législatives - ActuEL RH