Selon Laurent Cappeletti, professeur au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam) et chercheur à l’Institut de socio-économie des entreprises et des organisations (Iséor), le coût global de l’absentéisme au travail atteindrait 108 milliards d’euros par an. Une estimation présentée hier lors d’un webinaire organisé par le cabinet Ekilibre, spécialisé dans la prévention des risques psychosociaux.
Outre les 17 milliards d’euros d’indemnités versées chaque année par la sécurité sociale, l’économiste intègre dans son calcul les coûts indirects souvent ignorés par les comptabilités classiques : désorganisation des équipes, baisse de la production, fatigue accrue des salariés présents, altération de la relation client. Rapporté au salarié, ce coût “caché” avoisinerait 5 000 euros par an.
Ces travaux s’appuient sur la méthode développée par Henry Savall, professeur émérite à l’université Lyon-III et fondateur de l’Iséor. Ils mettent en lumière une perte estimée à plus de 40 milliards d’euros de recettes fiscales pour les finances publiques, conséquence directe de cette sous-productivité. Un phénomène que les entreprises, selon Laurent Cappeletti, tendent à sous-estimer.
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