La dégradation des comptes de l’Unédic continue, l’Etat poursuit ses prélèvements


A la une (brève)

“Depuis plusieurs années, on alerte sur l’importance du désendettement du régime”, regrette Patricia Ferrand (CFDT), vice-présidente de l’Unédic, mercredi 22 octobre 2025. Les dirigeants de l’organisme paritaire de gestion de l’assurance chômage ont en effet présenté leur nouvelle mouture des “prévisions financières”. Les ponctions répétées de l’Etat continuent de produire des effets pervers. L’endettement s’établirait à – 59,8 milliards en 2025, puis – 60,3 milliards en 2026.

Plusieurs raisons expliquent cette dégradation : tout d’abord une moindre compensation d’exonérations de cotisations par l’Etat, ces moindres compensations représentant 3,35 milliards d’euros en 2025 et 4,1 milliards d’euros en 2026 dans le projet de loi de finances (article 40). 

Les deux amendements  déposés devant la Commission des finances contre cet article ont été rejetés dans la nuit de mercredi à jeudi. Le président de l’Unédic, Jean-Eudes Tesson (Medef), se sent “légitime” à interpeller sur les risques qui pèsent à terme sur l’assurance chômage. Il relève cependant que les amendements doivent prévoir des recettes équivalentes afin de financer une suppression de l’article 40.

Du fait de ces prélévements répétés de l’Etat dans les caisses, l’Unédic doit emprunter sur les marchés financiers pour assurer le paiement des allocations chômage. Se présente alors une autre raison de la dégradation de ses comptes : la hausse des taux d’intérêts. Selon Christophe Valentie, directeur général de l’Unédic, “si ces taux étaient proches de zéro il n’y a pas si longtemps, nous devons aujourd’hui rembourser à 3 ou 3,5 %, entraînant un poids d’intérêts de 800 millions en 2027”. 

L’Unédic attaque par ailleurs une phase de “remboursement de la dette Covid”. A ce titre, selon l’organisme “au total, les décisions étatiques (…) diminuent de 13 milliards d’euros les capacités de l’Unédic à rembourser la dette de l’assurance chômage”. Enfin, l’organisme subit les effets de la modification de l’assiette de CSG (contribution sociale généralisées) des travailleurs indépendants, ajoutée à une croissance atone et une dégradation de l’emploi.

Interrogé sur les effets des mesures assurance chômage figurant dans le projet de loi sur la fraude sociale et fiscale, Christophe Valentie les juge “marginaux” et se limitant à une “intention”.

Enfin, l’Unédic redoute les décisions ministérielles à venir sur la lettre de cadrage remise aux partenaires sociaux par François Bayrou et dont le sort n’a pas été tranché par le gouvernement Lecornu. Jean-Eudes Tesson anticipe plusieurs scénarios possibles :

  • un maintien de la lettre de cadrage et de son échéance au 15 novembre pour que les partenaires sociaux parviennent à un accord ;
  • un maintien de la lettre avec report de cette échéance ;
  • un retrait de la lettre de cadrage ;
  • un retrait avec nouvelle lettre de cadrage.
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Marie-Aude Grimont
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Cet article provient du site Editions Législatives - ActuEL RH