Un an et demi après l’effervescence des Jeux de Paris 2024, la France se projette déjà vers l’échéance hivernale de 2030. Le Comité d’organisation (Cojop) Alpes Françaises 2030, la Société de livraison des ouvrages olympiques (Solideo Alpes 2030) et les huit organisations syndicales et patronales représentatives au niveau interprofessionnel ont paraphé, le 26 novembre 2025, une charte sociale, économique et environnementale destinée à encadrer la préparation et le déroulement des Jeux, prévus du 1er au 17 février 2030.
Ce document, qui prolonge la charte sociale adoptée en 2018 pour les Jeux parisiens, se distingue par l’ajout d’une dimension environnementale renforcée, “pensée pour répondre aux enjeux propres aux zones de montagne”, selon les termes du communiqué. La préservation des écosystèmes et de la biodiversité alpins figure désormais parmi les priorités affichées par les signataires.
Sur les 27 engagements contenus dans la charte, une quinzaine concernent le volet social. Les signataires s’engagent à placer “au cœur de l’organisation des Jeux un objectif d’emplois de qualité”, à garantir la protection de la santé et de la sécurité, et à favoriser de bonnes conditions de travail sur les chantiers. Le texte insiste également sur la lutte contre toutes les formes de discrimination dans l’accès à l’emploi, la promotion de la mixité professionnelle, l’égalité salariale et la prévention des violences sexistes et sexuelles.
La charte prévoit aussi de veiller au respect des normes internationales du travail, notamment le concept de “travail décent” défini par l’Organisation internationale du travail (OIT), auprès des sous-traitants et fournisseurs. Une attention particulière sera portée aux droits des travailleurs détachés et des saisonniers, population cruciale dans l’économie montagnarde.
“Avec cette charte sociale, économique et environnementale, nous franchissons une étape essentielle : celle d’ancrer définitivement les Jeux des Alpes Françaises 2030 dans une exigence de responsabilité”, a déclaré Renaud Muselier, président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur et président de Solideo Alpes 2030.
Le document accorde une place importante à la formation et à l’insertion professionnelle. Il recommande la mise en place de parcours d’apprentissage et de professionnalisation pour “accompagner durablement les jeunes vers l’emploi”, ainsi que le renforcement des programmes de formation par filière métier. La valorisation de l’engagement des bénévoles par la reconnaissance des acquis de l’expérience (VAE) figure également parmi les objectifs.
Une charte spécifique du volontariat devra préciser les missions, les conditions d’exercice et le cadre juridique applicable aux bénévoles olympiques. Le reclassement professionnel des salariés ayant contribué à l’organisation des Jeux est aussi envisagé.
“En nous appuyant sur un dispositif qui a fait ses preuves, nous démontrons aussi notre capacité à avancer vite en nous appuyant, lorsque c’est pertinent, sur l’héritage 2024”, a souligné Edgar Grospiron, président du Cojop Alpes Françaises 2030.
Cette charte, qui s’appliquera à l’ensemble des entreprises contractualisant avec Solideo Alpes 2030 et le Cojop, reste toutefois non contraignante. Les objectifs chiffrés doivent être précisés ultérieurement. A titre de comparaison, la charte de Paris 2024 visait à attribuer 25 % des marchés aux TPE-PME et acteurs de l’économie sociale et solidaire, ainsi que 10 % du volume d’heures travaillées aux publics “les plus éloignés de l’emploi”.
Selon une étude du cabinet Astères publiée en septembre 2024, les Jeux olympiques d’hiver des Alpes françaises 2030 généreraient la création de 48 000 emplois en France, 3,6 milliards d’euros de valeur ajoutée (environ 0,15 % du PIB) et 1,6 milliard d’euros de recettes fiscales et sociales. Près de la moitié de cette empreinte économique se localiserait dans les quatre départements accueillant des épreuves : les Hautes-Alpes, les Alpes-Maritimes, la Savoie et la Haute-Savoie.

Cet article provient du site Editions Législatives - ActuEL RH