Début avril, la Direction générale du travail communiquait les résultats de l’audience des organisations syndicales et patronales pour le cycle électoral 2021-2024. Paraissent maintenant, au Journal officiel, les deux arrêtés qui tirent les conséquences de cette mesure : ils fixent la représentativité et le poids de chaque organisation, très légèrement différents par rapport aux chiffres annoncés. Les précédents arrêtés (du 28 juillet 2021 pour les organisations syndicales et du 9 février 2024 pour les organisations patronales) sont donc abrogés.
Rappelons que cette représentativité nationale, et le poids relatif qui y est associé, conditionnent la capacité ou non des organisations syndicales à signer un accord de branche ou un ANI, un accord national interprofessionnel, tous deux valides à condition d’être ratifiés par des organisations représentant au moins 30 % des suffrages. Au niveau des branches et au niveau national, le poids électoral est appelé “poids relatif” (*). Il s’obtient en recalculant les scores obtenus par les syndicats une fois exclues les organisations n’ayant pas obtenu au moins 8 % (voir notre infographie ci-dessous). Ce poids est donc important puisqu’il contribue à creuser les écarts.
Ces seuils permettent à un syndicat de signer des accords collectifs ou de s’y opposer, puisque des organisations syndicales représentant plus de 50 % des suffrages peuvent s’opposer à un accord de branche ou à un accord national interprofessionnel.
Par le premier arrêté du 8 juillet 2025, sont donc reconnues représentatives, avec les poids relatifs suivants, les organisations syndicales qui suivent :
- la CFDT : 30,88 % (au lieu de 31,03 % en 2021, soit – 0,15 point) ;
- la CGT : 25,70 % (26,59 % en 2021, soit – 0,89 point) ;
- FO : 17,27 % (17,64 % en 2021, soit – 0,37 point) ;
- la CFE-CGC : 15,01 % (13,77 % en 2021, soit + 1,14 point) ;
- la CFTC : 11,14 % (11 % en 2021, soit + 0,14 point).
Comme nous le remarquions en avril, les évolutions du paysage syndical paraissent donc faibles et peu propices à de grands changements dans le jeu contractuel, la CFDT restant le syndicat le mieux implanté dans les différentes banches professionnelles. Notons toutefois la croissance régulière de la CFE-CGC qui talonne désormais FO, une progression qui détonne par rapport à la baisse (CGT), à l’érosion (FO, CFDT) ou à la stabilité (CFTC) des autres confédérations. Le syndicat des cadres a gagné en effet 155 000 voix depuis 2013, alors que la CGT en a perdu 269 000, FO 78 000 et la CFDT 17 000.
Du côté des organisations patronales, dont le poids relatif peut leur permettre de s’opposer à l’extension d’un accord collectif, le second arrêté du 8 juillet 2025 reconnaît comme représentatives :
- le Medef : 63,42 % (au lieu de 69,21 % en 2024 et 66,33 % en 2021) ;
- la CPME : 32,05 % (au lieu de 25,54 % en 2024 et 28,64 % en 2021) ;
- l’U2P (union des entreprises de proximité) : 4,53 % (au lieu de 5,24 % en 2024 et 5,03 % en 2021).
Bien qu’en baisse, le Medef reste donc incontournable pour la négociation d’accords nationaux interprofessionnels : la CPME et l’U2P n’ont pas la possibilité de s’opposer à un accord signé par le seul Medef, mais ce dernier peut faire échec à un accord qui ne serait signé que par la CPME et l’U2P.
(*) Rappelons qu’un accord d’entreprise n’est valable que s’il rassemble la signature d’organisations syndicales représentant plus de 50 % des suffrages exprimés, sauf dans certains cas si un référendum valide un accord signé par des organisations syndicales représentant au moins 30 %.

Cet article provient du site Editions Législatives - ActuEL RH