Une note publiée par France Stratégie, jeudi 22 mai, met en avant les obstacles auxquels sont confrontés les jeunes en situation de handicap dans leur insertion professionnelle. Quelle que soit leur origine sociale, ces derniers accèdent moins souvent aux postes de cadres ou aux professions intermédiaires : leur probabilité d’y parvenir est 1,7 fois inférieure à celle des jeunes sans handicap.
Ce différentiel s’explique en grande partie par un niveau de diplôme plus faible. Dans les milieux favorisés, les jeunes sans handicap ont 1,6 fois plus de chances d’obtenir un diplôme de l’enseignement supérieur que leurs homologues en situation de handicap. L’écart est encore plus marqué dans les milieux défavorisés, où il atteint un facteur de 1,9.
Autre constat préoccupant : les jeunes en situation de handicap sont quatre fois plus nombreux à n’avoir jamais travaillé. Cet écart est particulièrement prononcé parmi les jeunes issus de milieux favorisés (4,9 fois), contre 3,3 fois pour ceux issus de milieux défavorisés. “Ce constat résulte à nouveau en partie du niveau de diplôme : le handicap multiplie par 3,7 le risque de sortir du système éducatif sans diplôme pour un jeune favorisé, contre « seulement » 2,1 pour un jeune défavorisé”, observent les auteurs de la note qui précisent que “dans les familles favorisées, les jeunes handicapés ont la possibilité de ne pas travailler grâce aux ressources de leurs parents, alors que les jeunes défavorisés « valides » n’ont pas d’autre choix que de travailler”.
Ainsi, loin de compenser les effets du handicap, une origine sociale élevée semble offrir une protection moindre contre l’échec scolaire et l’exclusion du marché du travail.
Cet article provient du site Editions Législatives - ActuEL RH