Gabriel Attal défend sa réforme de l’assurance chômage, Gérald Darmanin veut “mettre fin aux 35 heures”


A la une (brève)

Michel Barnier parviendra-t-il à faire voter son projet de loi de finances pour 2025 ? Les discussions promettent d’être tendues au sein même des forces politiques censées le soutenir, des voix critiques provenant du camp de l’ex-majorité présidentielle.

Invité dimanche 6 octobre au 20h de TF1, l’ancien Premier ministre Gabriel Attal a défendu la réforme de l’assurance qu’il avait préparée afin de rentrer en vigueur au 1er décembre 2024, mais qu’il avait finalement renoncé à publier avant les législatives : “Le décret est prêt, il suffit de le signer”. Rappelons que cette réforme prévoyait un nouveau durcissement des règles d’affiliation et d’indemnisation de l’assurance chômage : une durée d’indemnisation de 15 mois maximum (au lieu de 18 mois actuellement) et une ouverture des droits à indemnisation conditionnée à 8 mois travaillés sur les 20 derniers mois (au lieu de 6 mois sur les 24 derniers mois). 

Dans une interview aux Echos, Gérald Darmanin, l’ancien ministre de l’intérieur, se prononce lui aussi pour le maintien de cette réforme que Michel Barnier et sa ministre du travail, Astrid Panosyan-Bouvet, semblent avoir abandonnée : la ministre du travail n’envisage en effet pas de publier le projet de décret de Gabriel Attal mais elle demande aux partenaires sociaux de renégocier sur le sujet à partir de l’accord trouvé par les syndicats et le patronat en novembre 2023. “La réforme de l’assurance-chômage (3,5 milliards euros d’économies !) doit être faite et le chantier de la réforme des retraites ne doit pas être rouvert”, estime Gérald Darmanin.

L’ancien ministre de l’intérieur, qui a été en charge des comptes publics de 2017 à 2020, se dit par ailleurs opposé au projet d’augmentation d’impôt des grandes entreprises et des ménages les plus riches qui devrait figurer dans le projet de loi de finances du gouvernement, ainsi qu’à une réduction des exonérations de cotisations sociales dont bénéficient les entreprises, une piste préconisée par le rapport Bozio-Wasner (à lire dans l’édition du jour) : “Dans le discours du Premier ministre, le mot « politique de la croissance » n’est plus prononcé. La stratégie économique du gouvernement semble contraire à ce que nous avons porté depuis sept ans avec succès : nous avons redonné de l’attractivité à la France par la politique de l’offre et fait baisser le chômage dans des proportions inédites”. L’ancien ministre se déclare à l’inverse partisan de “mettre fin définitivement aux 35 heures dans le privé et renvoyer le temps de travail au dialogue dans l’entreprise en échange d’intéressement et de participation et passer à 36 ou 37 heures dans le public, bien sûr payées en conséquence”.

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Bernard Domergue
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Cet article provient du site Editions Législatives - ActuEL RH