Emploi : une mobilité public-privé moins massive qu’imaginée


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Environ 500 000 personnes, soit 10 % des effectifs, quittent chaque année la fonction publique et presque autant la rejoignent, révèle un rapport de la Cour des comptes sur les mobilités professionnelles entre secteurs public et privé, publié hier. Ces mouvements concernent principalement certains emplois supérieurs. Ainsi, 22 % des anciens élèves de l’ENA (désormais INSP) ont temporairement rejoint le privé au cours de leur carrière et 8 % ont définitivement quitté la fonction publique. Des chiffres “non négligeables mais ce n’est pas non plus ce que certains fantasment, une fuite des cerveaux ou une privatisation de la fonction publique”, a souligné Pierre Moscovici, Premier président de la Cour.

Au-delà de la rémunération, plusieurs facteurs influencent ces transitions : nature des métiers, compétences acquises plus ou moins recherchées par les employeurs privés, perspectives de carrière souvent liées aux niveaux hiérarchiques et motivations personnelles relatives à la localisation ou aux conditions de travail.

Certaines administrations organisent elles-mêmes ces échanges. Le corps des ingénieurs de l’armement a ainsi instauré une “période d’ouverture”, affectant ses ingénieurs pour deux à trois ans dans des entreprises privées afin qu’ils y acquièrent des compétences dont l’administration ne dispose pas. Environ 10 % d’entre eux étaient affectés dans le secteur privé en janvier 2024.

Ces mobilités restent encadrées par la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). En 2023, 7 % des avis rendus concluaient à l’incompatibilité, contre 12 % en 2020. Toutefois, 77 % des avis favorables étaient assortis de réserves, “en nette croissance depuis 2020”, pour prévenir, par exemple, d’éventuels conflits d’intérêts.

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Anne Bariet
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Cet article provient du site Editions Législatives - ActuEL RH