Emeis étoffe sa politique RH en lançant une palette de services à l’attention des salariés


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Trois ans après le séisme qui a ébranlé Orpea, à la suite du livre enquête du journaliste Victor Castanet, “Les Fossoyeurs”, qui dénonçait des maltraitances des résidents, un usage abusif des fonds publics et des manquements dans la gestion de son personnel, le groupe de maisons de retraite et de cliniques privées, devenu, depuis mars 2024, Emeis, sauvé de la faillite par la Caisse des dépôts, peaufine sa stratégie RH, bien décidé à tourner la page du scandale.

Après une première phase de “refondation”, qui a été marquée par la signature de plusieurs accords avec les organisations syndicales, notamment celui sur la qualité de vie et des conditions de travail (QVCT), en juin 2024, le groupe lance un programme social à destination des 28 000 salariés français. Objectif ? “Faire d’Emeis une entreprise humaine à vocation sociale étendue”, insiste Laurent Guillot, le directeur général. Autrement dit, “s’engager au-delà du périmètre dévolu traditionnellement à une société privée”.

“Crise de sens”

“Le secteur subit une crise de sens, expose Fanny Barbier, la DRH du groupe. Notre taux d’accidents du travail et d’absentéisme est très élevé”. Or, les métiers du soin ne sont pas des “métiers comme les autres”. “Ils nécessitent un engagement hors normes et cette implication mérite une pleine considération”. Mais les frontières entre vie professionnelle et personnelle sont poreuses. “Tout ce qui se passe dans la sphère privée a un impact sur la sphère professionnelle, poursuit la DRH. Nous avons donc intégré l’idée que nous devions répondre aux petits tracas et aux grandes fragilités que peuvent avoir nos collaborateurs”.

Le groupe a ainsi noué un partenariat avec Responsage, une entreprise spécialisée dans l’accompagnement social des entreprises, qui propose une gamme de services, entièrement pris en charge par l’entreprise, pour apporter des réponses concrètes aux préoccupations des équipes, de manière anonyme, avec l’appui d’un tiers. Le coût d’une telle mesure est estimé à 0,1 % de la masse salariale fixée à 1,5 milliard d’euros.

Un programme en quatre volets

Concrètement, il se décline en quatre axes. Le premier porte sur le logement et permet de répondre aux urgences immédiates, qu’il s’agisse de violences conjugales, de séparations, de logements insalubres ou précaires. En un an, 39 personnes, en majorité des femmes ont bénéficié de ce dispositif, baptisé un “Toit garanti”. Le deuxième concerne la santé et vise à apporter un soutien psychologique et émotionnel, via un numéro vert, ouvert 24 heures sur 24, sept jours sur sept. Tout l’enjeu est ici de répondre “aux situations de stress, d’anxiété” mais aussi de proposer un “accompagnement face à la maladie, en particulier les affections de longue durée”.

Troisième pilier : le soutien aux salariés aidants et aux parents, avec notamment un service d’aide aux devoirs, en lien avec SchoolMouv, une plateforme de soutien scolaire en ligne. 770 personnes ont activé ce service, proposé depuis décembre dernier.

Enfin, en cas de difficultés financières, un accompagnement individualisé vers les aides et les droits sociaux complète ce programme en “facilitant les démarches administratives qui permettent d’y avoir accès” tout en épaulant les personnes en situation de surendettement.

Au global, 435 salariés ont d’ores et déjà été accompagnés depuis le lancement du dispositif en janvier 2024 et plus de “550 situations de fragilités ont été traitées”. Les bénéficiaires sont principalement des femmes non-cadres.

Périphériques de rémunération

Reste à savoir si ces petits à-côtés seront suffisants pour fidéliser le personnel en place. Surtout à défaut de sonnant et trébuchant. La rémunération des infirmiers et des aides-soignants est, en effet, l’un des points noirs du secteur. “Un tiers des salariés sont encore payés juste 10 % au-dessus du Smic”, confirme Laurent Guillot qui précise que le groupe n’a pas encore atteint “l’équilibre financier”.

Les négociations annuelles obligatoires pour 2025 auront lieu en fin d’année. Mais d’ores et déjà, rien ne milite pour un excès de générosité. D’autant que quelques avancées ont été faites, assure Fanny Barbier. Outre le versement d’un treizième mois (versé en trois fois sur la période 2022, 2023 et 2024) et une bonification des rémunérations des salariés qui avaient le plus d’ancienneté, le groupe mise sur les périphériques de rémunération, à savoir la revalorisation des titres restaurant et l’harmonisation de la mutuelle des cadres et des non-cadres, les premiers étant jusqu’ici plus avantagés.

Car à l’heure du vieillissement de la population, le groupe entend bien se démarquer de la concurrence pour attirer et fidéliser ses équipes. Le risque est, en effet, que la pénurie de personnel ne freine l’offre d’accueil proposée par les établissements. Un scénario noir qu’Emeis compte bien anticiper.

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Anne Bariet
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Logement, santé, parentalité, budget… Le groupe de maisons de retraite et de cliniques privées, Emeis, a noué un partenariat avec Responsage, afin de proposer un accompagnement pour améliorer l’ordinaire des salariés. 435 collaborateurs en ont bénéficié depuis son lancement en janvier 2024.
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Cet article provient du site Editions Législatives - ActuEL RH