C’est une démarche inédite qu’a entreprise la Smerra à l’occasion d’Octobre rose. Pour la première fois, cette mutuelle spécialisée dans la santé étudiante, qui emploie 450 personnes (dont 54 % de femmes et 46 % d’hommes), s’est engagée dans la campagne nationale de sensibilisation au dépistage du cancer du sein en proposant une mesure concrète : l’octroi de deux heures sur le temps de travail à l’ensemble de ses collaboratrices de plus de 40 ans pour réaliser une mammographie, sans contrainte de jour, ni d’horaire.
Portée par Frédérique Lénon, la DRH, avec le soutien de Lionel Lérissel, directeur général de l’entreprise, cette initiative vise à “faciliter l’accès au dépistage et encourager une démarche de sensibilisation active, essentielle pour la lutte contre le cancer du sein qui demeure un enjeu majeur pour la santé des femmes”, explique la DRH. En France, près d’une femme sur huit sera touchée par cette maladie au cours de sa vie, dont 80 % après 50 ans, selon les chiffres de la Fondation Arc.
“Nous avons souhaité que cette action concrète permette à chacune de nos collaboratrices concernées de prendre soin d’elles, sans contrainte d’organisation ou de temps. La santé est notre métier, c’est aussi notre responsabilité”, souligne Frédérique Lénon.
Le bilan, à ce stade, demeure mitigé : seules 3 % des femmes de plus de 40 ans employées par la Smerra ont effectué une mammographie dans ce cadre. Face à ce constat, l’entreprise a décidé de prolonger le dispositif jusqu’au 31 décembre. Si l’initiative a suscité l’intérêt, plusieurs obstacles se sont révélés : certaines salariées venaient de réaliser leur dépistage ou l’avaient déjà programmé. Surtout, nombre d’entre elles n’ont pas réussi à obtenir de rendez-vous auprès d’un cabinet de radiologie, particulièrement dans les villes moyennes où l’offre de soins est plus restreinte.
Avec cette prolongation, la DRH espère atteindre un taux de participation d’environ 10 %. La campagne, lancée mi-septembre par voie d’affichage puis relayée par un courriel personnalisé aux intéressés, prévoit un dispositif simple : les salariées doivent présenter une capture d’écran de leur rendez-vous sur la plateforme Doctolib, transmise à la DRH ou à leur responsable hiérarchique, qui doit être informé de leur absence.
L’entreprise réfléchit à reconduire l’opération l’année prochaine, tout en élargissant son champ d’action. D’autres initiatives de prévention et d’accompagnement devraient voir le jour, cette fois destinées aux hommes, pour le dépistage de cancers masculins. Si aucun collaborateur n’a contesté le dispositif actuel, plusieurs collaboratrices ont spontanément suggéré cette extension à la DRH. L’initiative bénéficie par ailleurs du soutien du CSE.
“Aucune salariée n’est actuellement à notre connaissance atteinte d’un cancer du sein”, s’est félicitée la DRH.

Cet article provient du site Editions Législatives - ActuEL RH