A l’heure où de nombreuses entreprises françaises hésitent encore à recruter des professionnels expérimentés, Domitys affirme sa singularité. Le groupe privé de résidences seniors vient de franchir une nouvelle étape en signant, en juillet 2024, un accord de gestion de l’emploi et des parcours professionnels (GEPP).
Parmi les mesures, une prime de cooptation bonifiée pour les salariés qui facilitent le recrutement de candidats de plus de 55 ans.
“Nous avons mis en place une prime de 1 000 euros, avec un bonus de 250 euros supplémentaires pour l’intégration de recrues de plus de 55 ans”, explique Pascal Guérinet, le DRH du groupe. Cette initiative, fruit d’un accord majoritaire avec l’Unsa (53 % des voix) au sein de l’entreprise, témoigne d’une stratégie délibérée.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : sur 4 700 salariés, Domitys compte déjà 1 175 collaborateurs de plus de 50 ans, soit 25 % de l’effectif, dont 117 seniors de plus de 55 ans. Tous sont embauchés en CDI, occupant des postes d’animateurs, de chargés d’accueil, d’agents de service ou encore d’assistants de vie.
Depuis le début de l’année, une centaine de primes ont été versées, dont cinq concernant des quinquagénaires. Un résultat qui s’explique par une vision pragmatique du marché du travail. “Dans notre secteur en tension, l’embauche de seniors représente une solution efficace aux difficultés de recrutement”, reconnaît Pascal Guérinet.
Mais la démarche de Domitys ne se résume pas à une simple stratégie pour pallier les pénuries de main-d’œuvre. “La maturité de ces recrues constitue un atout de poids dans la relation avec nos résidents”, souligne le DRH. “A cet âge, ils développent plus facilement une relation de connivence, pouvant eux-mêmes avoir des parents ou beaux-parents dans ce type d’établissement”.
Cette proximité générationnelle favorise une empathie naturelle, particulièrement précieuse dans un métier où la dimension humaine est centrale. “La relation de service nécessite une attention et une écoute toute particulière avec nos clients”, rappelle Pascal Guérinet.
Pour diversifier ses canaux de recrutement, le groupe a également noué un partenariat avec l’association Pass Sport pour l’emploi, afin d’accueillir des personnes éloignées du marché du travail. L’entreprise organise par ailleurs des ateliers permettant de détecter les compétences comportementales des candidats.
“C’est l’un de nos points de vigilance dans nos recrutements”, confirme le DRH. “Les seuls prérequis que nous demandons concernent l’aisance dans la qualité relationnelle. Nous ne regardons ni le diplôme, ni l’expertise antérieure des candidats. Ce qui nous intéresse, c’est leur empathie, leur capacité d’écoute et de communication ainsi que leur adaptabilité aux besoins spécifiques de chaque résident.”
Le groupe s’appuie ensuite sur son centre de formation, Domitys campus, qui propose 45 modules de formation pour développer les compétences techniques nécessaires à l’exercice des différents métiers.
Si Domitys ne s’appuie pas sur le dispositif de transitions professionnelles (Transco), jugé trop complexe à mettre en œuvre localement, Pascal Guérinet se montre en revanche favorable au “CDI senior” (ou “contrat de valorisation de l’expérience”) créé par l’accord sur les seniors de novembre dernier en cours de transposition législative.
Le groupe se dit également ouvert au recrutement de jeunes retraités, pour leur permettre d’effectuer quelques heures en vacation grâce au cumul emploi-retraite. Une formule qui souffre encore, selon le DRH, d’un déficit de visibilité.
Avec cette politique volontariste, Domitys démontre qu’une autre approche du recrutement est possible, valorisant l’expérience plutôt que de la considérer comme un handicap. Une démarche qui pourrait inspirer d’autres secteurs confrontés à des enjeux similaires de recrutement.

Cet article provient du site Editions Législatives - ActuEL RH