Le Conseil d’analyse économique (CAE) publie, dans une note du 14 avril, une évaluation de l’efficacité de l’assurance chômage en intégrant ses effets sur l’emploi, les finances publiques et le niveau de vie des ménages. Les auteurs – François Fontaine, Roland Rathelot et Alexandra Roulet – soulignent que ce dispositif joue un rôle clé en amortissant les chocs de consommation liés à la perte d’emploi.
Leur analyse met en cause le durcissement des conditions d’éligibilité, jugé peu efficace. S’il permet des économies budgétaires, il pénalise surtout les ménages modestes, pour lesquels l’assurance chômage est la plus précieuse, sans effet significatif sur le retour à l’emploi. A l’inverse, la suppression des règles plus favorables accordées aux 55-57 ans apparaît plus pertinente : elle réduirait les entrées au chômage tout en concernant une population mieux à même de maintenir son niveau de vie.
Le CAE recommande ainsi de développer un cadre commun d’évaluation des réformes, intégrant les comportements des bénéficiaires et la “valeur” de l’assurance selon les catégories de ménages. En cas de réforme visant à réduire la générosité du système, il préconise de ne pas durcir l’accès aux droits, mais plutôt de revoir certains dispositifs ciblés, comme la “marche intermédiaire de la filière senior”.
Cet article provient du site Editions Législatives - ActuEL RH