“La santé des travailleurs ne doit pas être une variable d’ajustement budgétaire” : la CGT n’apprécie pas le contenu du plan d’action présenté le vendredi 9 avril par le gouvernement pour lutter contre l’absentéisme au travail et l’augmentation du nombre d’arrêts de travail. Pour le syndicat, le renforcement des contrôles et les mesures de limitation de la durée des arrêts “s’inscrivent dans une logique idéologique de lutte contre des abus supposés, alors même que la fraude aux arrêts maladie reste marginale”. La CGT s’inquiète notamment “d’un renforcement des pouvoirs des employeurs pour contester les arrêts de travail”, une évolution qui accentuera “une pression déjà forte sur les travailleur” avec “la possibilité de signaler des arrêts jugés « abusifs » ou d’encourager une reprise anticipée du travail participe d’une remise en cause du rôle des médecins et de la protection de la santé des travailleur”.
Le syndicat alerte également “sur les pistes de réflexion soumises à la conférence travail emploi retraite, qui pourraient conduire à une modulation des droits en fonction des risques, voire à une remise en cause de la prise en charge des arrêts courts”. La CGT déplore que rien ne soit proposé “pour s’attaquer aux causes réelles de l’augmentation des arrêts : dégradation des conditions de travail, intensification des rythmes, exposition accrue aux risques professionnels, notamment les troubles musculo-squelettiques et les risques psychosociaux”. La CGT demande à l’inverse un renforcement de la prévention des risques professionnels, davantage de moyens aux services de santé au travail et une meilleure reconnaissance des maladies professionnels et des accidents du travail.
La CFDT se montre également également critique. La confédération regrette de voir le gouvernement faire “une nouvelle fois le choix de ne pas s’attaquer aux causes profondes de ces arrêts”. Pour le syndicat, le plan présenté “repose largement sur une logique de contrôle et de suspicion, contribuant à stigmatiser les personnes en arrêt de travail”.
Dénonçant ces mesures parmi lesquelles “un bouton d’alerte” que les employeurs pourront actionner pour signaler une situation d’arrêt de travail, la CFDT souligne que si les arrêts liés aux ATMP augmentent, “c’est parce que le travail s’intensifie, se dégrade parfois, et que les évolutions s’imposent aux travailleurs et travailleuses là où elles devraient faire l’objet d’un réel dialogue social et professionnel”. Et le syndicat de juger impératif de “changer les modes de management, d’écouter les travailleurs sur l’organisation du travail et ses transformations” et de faire “du travail un objet de dialogue social au plus près de la réalité des travailleurs”. Le syndicat, conclut son communiqué, portera ces sujets lors de la conférence travail emploi retraites du mois de mai.
Les critiques sont également vives du côté des associations. La Fédération nationale des accidentés du travail (Fnath) dénonce “un plan vide de toute obligation nouvelle, y compris dans la prévention en santé au travail, pour les entreprises, et un recul supplémentaire du droit à l’indemnisation des arrêts de travail pour les malades ou accidentés qui s’inscrit dans une multiplication des atteintes à la protection sociale des salariés”. Et la Fnath de citer :
- “la baisse importante de l’indemnisation des arrêts maladie pour les salariés du privé (les indemnités journalières (IJSS) versées en cas de maladie ne peuvent plus dépasser 1,4 Smic contre 1,8 Smic) ;
- la limitation des prescriptions d’arrêt de travail à un mois en cas de premier arrêt et deux mois en cas de prolongation ;
- la nécessité de saisir le service du contrôle médical de l’Assurance maladie pour un avis sur les renouvellements d’arrêt dépassant une durée de trois mois ;
- la limitation de la durée de versement des indemnités journalières AT-MP”.
Cet article provient du site Editions Législatives - ActuEL RH