L’inflation ralentit. La Banque de France prévoit une hausse des prix limitée à 2,5 % en 2024 et seulement 1,5 % en 2025, avec une légère reprise (1,7 %) en 2026. Mais cela n’efface pas les hausses de prix des périodes passées, qui ont été élevées, et ce malgré les hausses de rémunération.
L’Insee, dans une note publiée le 23 octobre, nous apprend ainsi que les salaires réels ont baissé en 2023, malgré une augmentation moyenne de 4% l’an dernier : “Du fait d’une inflation encore forte (+ 4,9 % en 2023, après + 5,2 % en 2022), le salaire net moyen a diminué de – 0,8 % en euros constants, après -1 % en 2022. Notamment, les versements de primes de soutien au pouvoir d’achat ont légèrement reculé”.
Concernant la prime de pouvoir d’achat (Pepa en 2022) et la prime de partage de la valeur (PPV en 2023), l’Insee relève en effet une baisse de la part des salariés concernés (23 % au lieu de 26,5 % en 2022) mais une hausse du montant moyen de ces primes (917€ au lieu de 803 euros).
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Le pouvoir d’achat des salariés a donc baissé en moyenne l’an dernier, plus fortement chez les cadres que dans les autres catégories, comme on le voit dans le schéma ci-dessous. Pour le salaire net moyen, le pouvoir d’achat revient en 2023 à son niveau de 2019, et il diminue même de 1,1 % si l’on tient compte des apprentis, lesquels occupent désormais pas moins de 4,5 % des postes dans le privé, contre seulement 2 % en 2019.
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Ajoutons que ce n’est pas le cas des salariés qui n’ont pas changé d’employeur. Du fait des primes liées à l’ancienneté et aux progressions de carrière, les salariés qui sont restés dans la même entreprise (soit la moitié de l’effectif salarié selon l’Insee) ont bénéficié en 2023 d’une légère progression salariale nette (+ 0,5 %).
A noter que la différence de rémunération entre femmes et hommes s’est réduit légèrement d’un demi-point en un an, soit une réduction de ces inégalités de 7,4 points depuis 2008. Néanmoins, les femmes disposent toujours d’un salaire inférieur de 13,5% à celui des hommes.
C’est l’effet, analyse l’Insee, de la “ségrégation professionnelle”. Autrement dit, les femmes occupent moins de postes bien payés que les hommes, et sont employées dans des secteurs moins rémunérateurs. A poste comparable (même profession au sein d’un même établissement), l’Insee calcule que cet écart de rémunération entre les deux sexes se limite à 3,8 % dans le secteur privé en 2023 (après 4 % en 2022)
Signalons pour finir que le salaire en équivalent temps plein (EQTP) dans le secteur privé est en moyenne de 3 613 euros bruts par mois, soit 2 735 euros nets de cotisations et contributions sociales, en 2023.
Ce salaire moyen diffère bien sûr selon les secteurs, et il atteint 3 014 euros dans l’industrie, 2 706 euros dans le tertiaire, contre 2 439 euros dans la construction. “Il est plus élevé dans les secteurs où les cadres sont surreprésentés, comme les services financiers (4 173 euros) ou l’information communication (3 900 euros). À l’inverse, il est plus faible dans l’hébergement restauration (1 980 euros), qui concentre une forte proportion d’employés”, constate l’Insee.

Cet article provient du site Editions Législatives - ActuEL RH

