Retraites : le Medef pose ses conditions pour de nouvelles discussions, les syndicats demandent à François Bayrou de trancher


A la une (brève)

Les réactions des partenaires sociaux qui ont échoué à se mettre d’accord sur une réforme de la réforme des retraites n’ont pas tardé après les annonces du Premier ministre

Le Medef, “tout en prenant acte du diagnostic dressé par le Premier ministre”, dit vouloir poursuivre “ses pourparlers dans un esprit contructif” mais il pose ses conditions : prendre en compte dans ces nouvelles discussions l’objectif de “redressement du taux d’emploi, de la croissance, du pouvoir d’achat et de notre compétitivité”, “au-delà du seul et indispensable objectif d’équilibre de nos régimes de retraites et globalement des finances publiques”. Si cette équation économique est partagée par tous les partenaires sociaux en amont de nouvelles discussions, explique l’organisation patronale, alors le Medef s’y engagera, “dans un format de préférence plus autonome”.

La CFDT, CFTC et la CFE-CGC ont publié un communiqué commun à l’opposé. Les syndicats se félicitent des avancées évoquées jeudi par le Premier ministre : “L’amélioration des pensions des femmes et la prise en compte de deux trimestres supplémentaires par enfant pour accéder plus facilement au système des carrières longues, la diminution de l’âge de la décote sont à mettre au bénéfice de ces quatre mois d’échanges”. 

Pour autant, nuancent-ils, les deux points de blocage mentionnés par François Bayrou sur l’utilisation du compte pénibilité ne sont pas mineurs : “La CFDT, la CFTC et la CFE-CGC, fermement opposées au décalage de l’âge de la retraite à 64 ans, ont bataillé pour réparer les injustices de la réforme de 2023 envers les travailleurs et les travailleuses qui exercent des métiers pénibles. En exigeant la réintégration des critères ergonomiques dans le compte professionnel de prévention (C2P) ouvrant la possibilité à des départs anticipés, elles sont restées fidèles à leurs engagements. Dans un souci de responsabilité, les trois organisations syndicales ont porté leurs revendications dans le cadre défini d’un équilibre budgétaire du régime pour 2030. Cette contrainte était connue dès le départ. La CFDT, la CFTC, la CFE-CGC l’ont acceptée. La CFDT, la CFTC, la CFE-CGC l’ont respectée. Mais pour acter un compromis, il faut que tous les acteurs réunis autour de la table jouent le jeu avec franchise et loyauté. Lors de la dernière séance de négociation, l’animateur de la délégation paritaire permanente, Jean-Jacques Marette, a proposé un texte équilibré. Ce texte a été repoussé d’un revers de main par le patronat, sans discussion. Conforme à son mantra – ni contrainte pour les employeurs ni contribution des entreprises – le patronat est resté arc-bouté. Il porte lourdement la responsabilité d’un échec de la négociation. Pour la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC il n’existe qu’une voie de passage : celle de la justice sociale et du partage des efforts financiers”.

Autrement dit, les trois syndicats refusent de reprendre de nouvelles négociations et demandent à Matignon de trancher dans leur sens. 

Interrogé sur ces positions, vendredi 27 juin, François Bayrou a répondu, selon des propos rapportés par Le Parisien : “On tranchera”. Et le Premier ministre d’expliquer qu’il y aura un texte dans le projet de budget 2026 de la sécurité sociale, “qu’il y ait eu un accord préalable ou qu’il y ait eu seulement les travaux préparatoires à un accord (..) Au bout du chemin, le gouvernement prendra ses responsabilités et le Parlement aussi”.

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Cet article provient du site Editions Législatives - ActuEL RH