Mise à l’ordre du jour par la Gauche démocrate et républicaine à l’occasion de sa niche parlementaire, la résolution visant à abroger la réforme des retraites a été adoptée hier par 198 des 233 députés présents.
Deux ans après la réforme, le texte de cette résolution considère que “le « conclave » des retraites a été ouvertement entravé dans ses discussions et délibérations par les nombreuses déclarations des membres du gouvernement” et que “la loi n° 2023‑270 du 14 avril 2023 de financement rectificative de la sécurité sociale pour 2023 produit d’ores et déjà des effets sociaux et économiques régressifs”.
Il affirme “l’impérieuse nécessité d’aboutir à l’abrogation des mesures les plus régressives de la loi n° 2023‑270 du 14 avril 2023 de financement rectificative de la sécurité sociale pour 2023 dite « réforme des retraites » : le recul de l’âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans et l’augmentation de la durée de cotisation portée à 43 annuités dès 2027”.
En l’absence de suivi à l’Assemblée nationale et surtout d’une majorité contraire au Sénat, ce texte symbolique n’aura pas de conséquence normative. Mais il s’agissait pour son auteur, Stéphane Peu, de montrer que la réforme des retraites suscitait toujours une opposition majoritaire : “Un oui majoritaire de notre Assemblée ne permettra plus au gouvernement de prétendre que les Français ont consenti à la spoliation de leurs droits et de leurs retraites”, avait déclaré en ouverture le député.
En réponse, la ministre chargée du travail, Astrid Panosyan-Bouvet, a jugé la réforme “nécessaire mais difficile”, “car pour beaucoup de salariés, travailler plus longtemps est difficile à concevoir et difficile à accepter dans les conditions actuelles”.
La ministre a jugé “plus important de regarder ici et maintenant le travail que d’organiser une machine arrière”, la réforme ayant contribué à faire augmenter le taux d’emploi des plus de 55 ans. Mais dans la réforme, “tout n’était pas parfait, a admis la ministre, notamment quand 35 % des ouvriers non qualifiés de la manutention et du bâtiment partent en inaptitude professionnelle entre 51 et 59 ans, quand 25 % des aides à domicile partent en inaptitude professionnelle entre 51 et 59 ans”.
Astrid Panosyan-Bouvet a évoqué “la délégation paritaire permanente” sur les retraites, qui devrait s’achever le 17 juin : “Cinq organisations sont toujours autour de la table, avec le Medef et la CPME qui représentent 95 % des organisations patronales et la CFDT, la CFE-CGC et la CFTC qui représentent 57 % des organisations syndicales (..) Votre résolution constitue une motion de défiance à l’égard de ces organisations”.
Et la ministre de conclure : “Votre résolution arrive à contre-temps. Laissons la délégation paritaire permanente travailler”.
Cet article provient du site Editions Législatives - ActuEL RH