Au cours d’une conférence de presse durant laquelle il a dressé le bilan de ses six premiers mois en tant que ministre de l’intérieur, Bruno Retailleau a profité de l’occasion pour évoquer, notamment, les chantiers à venir en matière d’immigration, aux côtés de son ministre subalterne, François-Noël Buffet.
Evoquant le sujet des travailleurs étrangers dans les métiers en tension, le ministre de l’intérieur a opéré une distinction entre, d’un côté, les étrangers en situation régulière au chômage et, de l’autre, ceux qui, en situation irrégulière, sont employés dans un métier en tension et pourraient être régularisés par le travail (dans des conditions qu’il a, pour rappel, durcies à travers une circulaire du 23 janvier 2025 insistant sur le caractère exceptionnel de la procédure).
“Nous faisons un choix en termes de hiérarchie, de priorisation”. En clair, le ministre “assume” de préférer consacrer ses “efforts” aux étrangers qui sont en situation régulière et au chômage, pour les former aux métiers en tension. “Je préfèrerais, quand il y a des métiers en tension, que les chefs d’entreprise embauchent des étrangers en situation régulière qui sont au chômage”, a-t-il insisté. Une circulaire co-écrite avec le ministère du travail est, à cet égard, en préparation.
Invité à en préciser le contenu, il a indiqué que ce sera notamment un rappel aux préfets “des fonds disponibles pour former et qualifier des étrangers”. “Un chef d’entreprise [peut] avoir repéré un profil qui lui [convient], on peut ensuite parfaitement, nous, le qualifier, sur des formations courtes, de 300 ou 400 heures, peu importe les métiers. Je souhaite qu’on privilégie cette méthode-là”.
La liste actualisée des métiers en tension reste à ce jour “en cours de constitution”. “C’est un travail interministériel (…) Il y a eu une concertation région par région” avec les syndicats patronaux, les administrations, “pour que la liste soit suffisamment exhaustive et ne change pas tous les jours”, a expliqué François-Noël Buffet. “Elle va sortir dans les semaines qui viennent, à peu près avant l’été et au plus tard en septembre”. La ministre du travail, Astrid Panosyan-Bouvet, s’était montrée plus optimiste le 3 avril dernier devant la presse sociale, annonçant une publication avant la fin du mois d’avril.
Cet article provient du site Editions Législatives - ActuEL RH