Dans une étude publiée mercredi 19 mars 2025, l’Institut des politiques publiques (IPP) se penche sur le phénomène de réembauche, “le processus par lequel des travailleurs précédemment licenciés ou temporairement au chômage sont rappelés par leur ancien employeur”.
Et la pratique se révèle courante. Entre 2012 et 2019, 44,6 % des recrutements correspondent à une réembauche chez le dernier employeur. 97 % de ces réembauches concernent des salariés en CDD. Qui plus est, des CDD de très courte durée dans 93 % des cas (CDD d’une durée inférieure à un mois). “Cette proportion a augmenté régulièrement au cours de la période, passant de 92 % en 2012 à 99 % en 2019”.
L’IPP déplore cette pratique qui entraîne une “stabilité fragmentée” pour les salariés concernés, avec une alternance de non-emploi et de contrats courts. D’autant plus que les réembauches se concentrent plus particulièrement sur les femmes et les travailleurs âgés.
Près de 50 % sont réembauchés une ou deux fois successivement chez le même employeur ; un peu plus de 27% de ces travailleurs sont réembauchés cinq fois ou plus par an.
Les décisions de réembauche sont principalement motivées par des besoins structurels et spécifiques à l’entreprise, plutôt que par des facteurs sectoriels ou économiques généraux.
L’IPP s’inquiète également du fait que les règles du code du travail ne sont pas toujours appliquées. Ainsi, plus d’un tiers des réembauches ne respectent pas le délai de carence, et près de la moitié des contrats enfreignent les règles concernant le nombre maximum de renouvellements autorisés.
Cet article provient du site Editions Législatives - ActuEL RH