Au premier semestre 2024, 22 % des salariés du privé (y compris les entreprises publiques) ont été en télétravail au moins une fois dans les quatre semaines précédant l’enquête menée par l’Insee. Plus que le télétravail, c’est le système hybride qui s’est épanoui dans les entreprises avec une moyenne de 1,9 jour hebdomadaire de travail à distance. Ce développement répond à une appétence des salariés puisque près de 7 salariés sur 10 qui considèrent leur poste comme télétravaillable y recourent.
Comme on le sait déjà, le télétravail “est plus répandu chez les cadres, dont les tâches peuvent plus souvent être effectuées à domicile, particulièrement dans les secteurs financiers, de l’information et de la communication”. D’ailleurs, le télétravail des cadres agit comme un levier, note l’Insee. “Le télétravail se développe davantage dans les environnements professionnels qui lui sont plus propices : plus il y a de cadres dans une entreprise, plus les autres salariés ont recours au télétravail”.
D’autres paramètres entrent en ligne de compte comme la taille de l’entreprise.
Le télétravail est-il genré ? Il semblerait puisque “les femmes ont une probabilité d’avoir recours au télétravail de 6,4 points de pourcentage supérieure à celles des hommes, à caractéristiques et emploi identiques”, indique l’étude.
Mais comme l’a déjà souligné le CEET dans une étude datée de juillet 2024, cela n’est pas forcément en faveur des femmes. L’Insee note par ailleurs que l’âge des enfants est également un facteur discriminant. “Si les parents – femmes comme hommes – d’enfants de moins de 6 ans n’ont pas plus recours au télétravail que les autres salariés, ceux d’enfants plus âgés, entre 6 et 17 ans, ont une probabilité de télétravailler supérieure de 2,2 points de pourcentage”.
L’étape à laquelle se situe le salarié dans son parcours professionnel influe également sur la pratique du télétravail. “Les débutants et les salariés les plus anciens ont moins recours au télétravail que les salariés d’ancienneté intermédiaire. Cela reflète non seulement le fait que les débutants occupent moins d’emplois télétravaillables, mais aussi qu’une plus forte proportion d’entre eux déclarent que leurs employeurs ne souhaitent pas qu’ils télétravaillent, possiblement pour favoriser leur supervision et leur intégration au collectif de travail”, analyse l’Insee.
“Enfin, les salariés – qu’ils soient cadres ou non-cadres – sans responsabilité d’encadrement ont une probabilité d’être en télétravail supérieure de 2,9 points de pourcentage à ceux qui sont essentiellement encadrants”, note l’étude.
La domiciliation du salarié est également un facteur à prendre en compte. “Ainsi, la pratique du télétravail augmente avec l’éloignement entre domicile et lieu de travail, ce qui peut refléter le fait que les personnes habitant loin ont plus tendance à télétravailler compte tenu du temps de trajet mais également le fait que la possibilité de télétravailler permet à certaines personnes d’accepter un emploi plus éloigné ou de s’installer plus loin de leur lieu de travail”, décrypte l’Insee.
La taille du logement n’est pas non plus un élément négligeable. “Avoir plus de 30 m² par personne dans son logement augmente la probabilité d’y avoir recours de 3,7 points par rapport à ceux qui disposent de moins de 20 m² par personne”, note l’étude.
Les accords d’entreprise traitant du sujet se sont également développés. “En 2022, 4 % des accords d’entreprise signés abordent la thématique du télétravail, contre moins de 1 % en 2017.
L’Insee voit également dans le contenu des accords signés l’ancrage du télétravail. Ainsi, plus de la moitié des accords conclus entre 2017 et 2019 fixaient une limite d’une journée par semaine. En 2022, seul un tiers des accords prévoit toujours une journée au maximum et presque un cinquième permet trois jours ou plus par semaine.
“Autre signe d’une installation durable du télétravail dans les entreprises : près de la moitié des accords mentionnant le télétravail ont été signés pour une durée indéterminée”, souligne l’Insee.

Cet article provient du site Editions Législatives - ActuEL RH