Comment l’intelligence artificielle modifie le travail des cadres dans l’industrie


A la une

L’Apec et l’Observatoire compétences et industrie de l’Opco 2i ont mené conjointement une enquête sur la place de l’intelligence artificielle dans l’industrie (*).

Certes, le développement de l’IA dans l’industrie semble aller de soi. Comme le rappelle l’étude, “l’industrie a été amenée à utiliser depuis de longues années les technologies de l’intelligence artificielle afin d’améliorer et fiabiliser ses processus de production”. Et la tendance ne cesse de s’accélérer. Entre 2019 et 2023 le nombre d’offres avec une mention “IA” publiées par les recruteurs du secteur industriel a augmenté de 56 % contre 13 % pour celles publiées par l’ensemble des recruteurs.

La métallurgie est la locomotive dans le développement de l’IA dans l’industrie. “Sur la période étudiée, les entreprises de la branche métallurgie représentent 80 % des offres de l’industrie demandant explicitement des compétences en IA, tandis que cette branche représente la moitié des entreprises et 55 % des salariés de l’industrie”, indique l’étude.

Ce qui est plus intéressant dans cette étude est la manière dont les cadres de l’industrie sont affectés par le développement de l’IA. 

Tous les cadres de l’industrie impactés par l’essor de l’intelligence artificielle

Il apparait que les cadres de l’industrie ne vont pas échapper à cette transformation des modes de travail. A commencer par ceux du commercial et du marketing. Près d’une offre sur six publiée par les entreprises industrielles liées à l’intelligence artificielle concerne ces profils.

L’étude pointe les apports de l’IA en matière commerciale : 

  • analyser et exploiter leurs données commerciales ;
  • optimiser leurs campagnes marketing ;
  • améliorer leur service client ;
  • rendre leurs actions de prospection plus efficaces et mieux ciblées ; 
  • permettre aux cadres commerciaux de se concentrer sur des activités à plus forte valeur ajoutée, sur une prospection mieux ciblée et de renforcer l’analyse de leurs clients.

D’autres métiers de l’industrie sont impactés par le développement de l’intelligence artificielle : les cadres en qualité, process-méthodes et maintenance-sécurité qui sont particulièrement recherchés par les entreprises de l’industrie mais également les métiers du Big data, principalement des data engineers, des data analysts, des chiefs data officers ou des data scientists. 

Un développement qui ne se fait pas sans peur

Ce développement de l’IA chez les cadres de l’industrie génère certaines craintes, notamment :

  • la disparition ou la transformation de certains métiers, en particulier ceux dont les activités impliquent des tâches répétitives et considérées comme ayant une faible valeur ajoutée ;
  • une perte de compétences et d’expertise ;
  • une déshumanisation croissante des processus et des relations, favorisant un management exclusivement centré sur les résultats augmentant la pression sur les salariés ;
  • des risques d’exclusion et de conflits, l’IA pouvant générer une fracture entre les salariés qui intègrent les processus et compétences requis et ceux qui ne parviennent à s’adapter ;
  • un défi pour la sécurité des données.
Etre formés pour lever les appréhensions

Face à ces craintes, les cadres souhaitent être davantage formés à l’intelligence artificielle, qu’il s’agisse de formations socles et généralistes ou de formations plus expertes et personnalisées. Ils demandent aussi à être formés afin de pouvoir développer “une utilisation pertinente et bénéfique (prompt-engineering, process de structuration des prompts, juste posture vis-à-vis des biais, réflexes concernant la fuite de données confidentielles, etc.)”, indique l’étude.

Des cadres appelés à être de plus en plus polyvalents

L’intelligence artificielle appelle aussi à faire preuve de souplesse dans la maîtrise des compétences. Ainsi, “l’hétérogénéité des profils des entreprises sur le sujet de l’IA se retrouve dans les besoins de profils à recruter. Les RH interrogés font référence à des profils capables d’intégrer l’intelligence artificielle dans leurs projets et des compétences qui vont de pair. Ils recherchent surtout des ingénieurs capables de s’adapter aux évolutions technologiques engendrés par les usages de l’IA”, note l’étude. 

Les cadres de l’industrie doivent ainsi être capables d’encadrer des équipes interdisciplinaires, maîtriser les enjeux liés à la confidentialité, à l’équité et à la transparence, être proactifs dans la gestion des risques et s’assurer que les systèmes IA soient développés et utilisés de manière éthique.

En somme, conclut l’étude, “les métiers cadres de l’industrie évoluent du fait de l’introduction progressive de l’IA vers un rôle combinant expertise technique, compétences en gestion des données, mais également compétences juridiques et capacité à adopter l’innovation technologique, en l’adaptant au contexte spécifique de leur entreprise”. Vaste programme !

 

(*) “L’intelligence artificielle dans l’industrie. Un impact multidimensionnel mais encore modéré sur les métiers cadres”. Une étude de l’Apec et de l’Opcp 2i avec un volet quantitatif, via un traitement réalisé sur les offres d’emploi cadres de l’industrie publiées sur apec.fr par les établissements du périmètre OPCO 2i1 entre le 1er janvier 2019 et le 30 juin 2024, une enquête qualitative menée par BVA  People Consulting auprès de deux cibles (20 entretiens menés avec des cadres de l’industrie et six entretiens avec des recruteurs ou des professionnels RH et, enfin, un volet d’entretiens avec des experts de l’IA.  

Visuel réduit: 
Visibilite: 
privé
Signature: 
Florence Mehrez
Supports de diffusion: 
Dans une note dévoilée le 13 février, l’Apec et l’Observatoire compétences et industrie de l’Opco 2i se penchent sur la manière dont l’intelligence artificielle affecte le travail des cadres dans le secteur de l’industrie.
Cacher le visuel principal ?: 
Non
Type de produit: 
Produit d’origine: 
Auteur extérieur: 
Application immédiate: 

Cet article provient du site Editions Législatives - ActuEL RH