Orange signe un nouvel accord sur la gestion des emplois et des parcours professionnels


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C’est un accord à l’unanimité que viennent de signer les organisations syndicales représentatives (CFDT F3C, CFE-CGC Orange, CGT FAPT) et la direction du groupe Orange sur la gestion des emplois et des parcours professionnels (GEPP). Il s’applique pour la période 2025-2027. “Le résultat de cette négociation avec les partenaires sociaux illustre notre ambition commune d’inventer un nouveau modèle social permettant à chacune et à chacun de se projeter (…) dans sa vie professionnelle”, s’est aussitôt réjoui Vincent Lecerf, le directeur exécutif en charge des ressources humaines groupe.  

Cet accord est loin d’être une première. Mais il se démarque des précédents, selon le préambule de l’accord : “Jusqu’à présent, les dispositifs mis en place dans le cadre de la GEPP chez Orange étaient principalement des mesures d’âge, parce qu’il fallait répondre à un enjeu générationnel”. Désormais “la GEPP doit être globale pour tous les salariés quel que soit leur âge, et différenciée par métiers pour mieux répondre aux défis du groupe en France en matière d’adaptation qualitative et quantitative de l’emploi”. Il comprend à la fois des mesures sur le recrutement, la mobilité et les reconversions.

“Orange perspectives”

Parmi les mesures les plus emblématiques, le texte prévoit un dispositif de reconversion professionnelle interne, “Orange perspectives”, destiné aux salariés dont les métiers évoluent ou disparaissent afin de leur permettre de se repositionner en interne vers les métiers en tension, les métiers émergents ou à l’équilibre (pour lesquels les perspectives d’évolution de l’activité n’entraînent pas de changement majeur d’un point de vue des besoins en effectifs).

Il est accessible aux salariés de droit privé et aux fonctionnaires ayant cinq ans d’ancienneté dans le groupe. Une attention particulière est portée à la féminisation des parcours techniques et aux candidatures des salariés de 50 ans et plus.

Les salariés volontaires bénéficient d’un accompagnement, à la fois par l’équipe de son poste cible (manager, tuteur, accompagnateur…) et par l’équipe du parcours de reconversion. La formation se décline sous forme de modules, c’est-à-dire par bloc de compétences, alternant des périodes de formation théorique et des périodes de mise en pratique, d’immersion en situation de travail. Ils perçoivent également des primes financières pour franchir le pas.

Projet personnel accompagné

Par ailleurs, l’accord prévoit un projet personnel accompagné (PPA) qui permet à un salarié volontaire d’exercer une activité professionnelle dans une autre entreprise tout en conservant une possibilité de retour pendant une période déterminée. Ce dispositif permet “de diversifier et sécuriser sa transition professionnelle”, en permettant la réintégration chez Orange dans l’hypothèse où le salarié souhaite revenir sur sa décision de quitter le groupe.

L’accord reconduit le congé de “respiration”. Un dispositif qui permet à un salarié de s’absenter de trois à 12 mois pour se consacrer à un projet personnel, tout en conservant une partie de son salaire (de 50 à 70 %) en fonction du projet suivi.

Un entretien managérial “approfondi” en milieu de carrière

Pour les salariés en milieu de carrière, âgés de 45 ans et plus, l’accord instaure un “entretien managérial approfondi”. Avec parmi les sujets abordés, le besoin de développement des compétences sur le poste, le parcours professionnel et l’évolution de carrière professionnelle, les éventuels souhaits de mobilité, la prévention de l’usure professionnelle … L’entreprise propose aussi aux salariés de plus de 50 ans un dispositif “Cap carrière” qui a pour objectif de se projeter “dans la suite de son parcours professionnel”, en faisant le point sur son expérience, ses besoins et aspirations. L’objectif étant, in fine, de permettre de formaliser un projet professionnel individualisé.

Temps partiel seniors

L’accord prolonge le temps partiel aidé, qui permet aux salariés âgés d’au moins 57 ans (ou sans condition d’âge pour les salariés proches aidants) de réduire progressivement leur temps de travail, en passant à 80 %, payé au même taux jusqu’à l’âge légal de leur retraite, tout en percevant le versement de la cotisation retraite (part patronale et salariale) sur la base d’un temps plein.

Autre mesure : le temps partiel seniors également prorogé pour la période 2025-2028 afin de “favoriser la transition entre les périodes d’activité et de retraite”. “Il s’agit d’un temps partiel 50 % qui fait l’objet d’un accompagnement financier par l’entreprise”, selon le projet d’accord. Basé sur le volontariat, “il est accessible à tous les salariés de droit privé ou fonctionnaires désireux de prendre leur retraite sans surcote au plus tard le 1er janvier 2034 [ou] disposant d’une ancienneté groupe au moins égale à quinze ans à la date d’entrée dans le dispositif”.

Ce temps partiel senior est scindé en deux : une partie s’effectue à temps plein (les deux premières années), la seconde est totalement libérée (la dernière année).

Le texte comporte une clause de sauvegarde qui anticipe une éventuelle réforme des retraites. “Dans l’hypothèse où les dispositions législatives et réglementaires en matière de retraite viendraient à être modifiées avant le 1er janvier 2029, les parties s’engagent à se rencontrer pour en analyser les conséquences (…) et peuvent décider d’adapter par avenant les dispositions du TPS 2025-2028”. De telles clauses existaient dans les accords précédents.

Recrutement

Enfin, l’accord prévoit l’embauche de 6 000 personnes en CDI d’ici à 2027 et de 2 600 alternants par an et renforce le soutien aux proches aidants avec un dispositif spécifique d’aménagement du temps de travail pendant une durée pouvant aller jusqu’à deux ans par proche aidé.

 

L’avis des syndicats

La CFDT s’est félicitée de cet accord qui favorise une “gestion responsable des emplois et des parcours professionnels”. Parmi les avancées, la centrale de Belleville note le nouveau temps partiel proche aidant accessible sans restriction d’âge, le renouvellement du temps partiel senior, l’amélioration des parcours de reconversion, avec des primes pouvant atteindre 15 000 euros.

La CFE-CGC, bien que signataire, émet, elle quelques réserves car la confédération de l’encadrement n’a pas “la garantie que tous les salariés auront accès à tous les niveaux d’information et à toutes les opportunités offertes en interne”. En outre, elle souligne que le dispositif TPS nécessite un budget important de 1,5 milliard qui doit être provisionné en 2025 pour un financement allant jusqu’à 2033.

Elle s’inquiète, enfin des critères à “la main de la direction” pour déterminer la classification des métiers ; “en lien direct avec sa politique de restructuration et de rentabilité liée au marché, suivant des critères qu’elle est seule à maîtriser”.

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Anne Bariet
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L’accord de gestion des emplois et des parcours professionnels, conclu le 10 février, entre la direction et les organisations syndicales représentatives d’Orange prévoit, parmi de nombreuses mesures, un dispositif de reconversion professionnelle interne, “Orange perspectives”, destiné aux salariés dont les métiers évoluent ou disparaissent afin de les repositionner en interne vers des métiers porteurs.
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Cet article provient du site Editions Législatives - ActuEL RH