Dans une tribune publiée dimanche 9 février 2025 dans le JDD sur l’intelligence artificielle, la ministre du travail, Astrid Panosyan-Bouvet constate que “son irruption ravive un débat vieux d’un siècle et demi : la fin du travail”. Une crainte que la ministre tente de lever : “Après des prédictions cataclysmiques, les estimations actuelles convergent vers la disparition possible de 5 à 10 % des emplois existants, tout en annonçant la création d’emplois nouveaux (…) La moitié des emplois pourraient être substantiellement transformés avec des impacts inégalement répartis : les femmes qui exercent davantage les métiers automatisables, les jeunes dont les premières tâches pour apprendre sont souvent routinières, ou les 10 % d’actifs confrontés à l’illectronisme”.
La ministre appelle à faire “sortir de l’ombre l’IA en entreprise”. “Chaque entreprise est en première ligne et doit maintenant examiner sa manière de travailler. Dirigeants, salariés, indépendants, quelles tâches sont devenues centrales simplement parce que chronophages et répétitives ? Quelles tâches font vraiment le sens et le sel du métier que vous faites ? Comment se recentrer sur l’essentiel ?”
La ministre annonce que les référentiels métiers seront revus, que le CPF devra être mobilisé, que les certificats de qualification professionnelle (CPQ) délivrés par les branches professionnelles “peuvent être aussi un accélérateur car celles-ci sont au plus près des métiers”.
Et de prévenir : “Un changement d’une telle ampleur n’arrive pas tous les jours. Pour les embarquer tous, la verticalité ne fonctionnera pas. Branches, organisations professionnelles, chambres consulaires, syndicats de salariés et syndicats patronaux : vous avez tous un rôle à jouer !”.
Selon la ministre, “c’est le dialogue social qui permettra de créer le cadre de confiance nécessaire, de développer la formation et de passer de l’utilisation individuelle à l’adoption collective… (…) C’est le dialogue social qui embarquera les salariés pour parler usages, compétences et organisation. Qui redonnera ainsi du sens au travail, en écartant l’intensification subie et en renforçant l’autonomie des travailleurs (…)”.
Cet article provient du site Editions Législatives - ActuEL RH