Syntec conseil encadre l’utilisation de l’intelligence artificielle dans les métiers du recrutement et du conseil


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De l’analyse d’un cahier des charges à la création de documents types, en passant par le sourcing de candidats, la réalisation de compte-rendu d’entretiens et la traduction, l’intelligence artificielle (IA) dite générative a, d’ores et déjà, bouleversé les pratiques des sociétés de conseil en management, de recrutement et d’études. C’est pourquoi, le Syntec conseil, le syndicat professionnel qui regroupe l’ensemble de ces professions (15 000 sociétés, 120 000 salariés) a décidé de se doter d’un Manifeste sur l’utilisation de l’IA.

Conscient des opportunités offertes par ces nouvelles technologies, il souhaite garantir “des pratiques durables et responsables”, selon Axelle Paquer, présidente de la commission stratégie et management de Syntec conseil et présidente France, Bénélux, Afrique de BearingPoint (conseil en management). Des entreprises comme Sopra Steria Next, Robert Walters, Onepoint, Strategir, SIA Partners, LHH, Grant Alexander, Wavestone s’engagent ainsi sur la base d’un document d’une douzaine de pages à respecter cinq grands principes.

Supervision de l’IA par les consultants

Parmi les engagements, le manifeste insiste sur le fait que l’IA est un outil qui doit demeurer sous contrôle humain, de manière systématique, à toutes les étapes de la prestation, de conseil ou de recrutement. “Cette supervision, réalisée par nos consultants, permet d’apprécier la pertinence des résultats obtenus et de les améliorer”, insiste Axelle Paquer.

Par ailleurs, Syntec conseil réaffirme son engagement de transparence vis-à-vis de ses clients “dès lors que l’on utilise ces technologies”.  A ce titre, les données doivent être “sourcées”.

De plus, le texte vise à garantir la sécurité et la fiabilité des données. Par exemple, “sauf accord express du client, celles-ci sont supprimées lorsque la mission est terminée”. Les sociétés adhérentes du syndicat s’engagent également à “ne pas utiliser ces données dans un SIA [systèmes d’intelligence artificielle]” pouvant les réexploiter “au bénéfice d’autres utilisateurs”. Idem pour les données protégées par un droit de propriété.

Surtout toutes ces données personnelles doivent être “anonymisées”.

Autres garde-fous : les sociétés de conseil et de recrutement s’interdisent “d’évaluer ou de classer des personnes en fonction de leurs caractéristiques personnelles ou de leur comportement social, dans le but de mettre en place un scoring social”. De même, ils refusent d’ “utiliser des systèmes d’identification biométriques (à distance en temps réel) dans des espaces publics en dehors des stricts cas autorisés”.

“Nous nous engageons en outre à éviter les biais cognitifs et les hallucinations (ou erreurs) en validant les modèles et les outils utilisés”, précise Axelle Paquer. A ce titre, les sociétés doivent procéder à une évaluation des risques et maintenir à jour la documentation relative à l’évaluation, lorsqu’elles sont amenées à recourir à une IA présentant des risques élevés, en vertu du Règlement européen sur l’intelligence artificielle.

Sensibilisation aux questions techniques et éthiques

Le Manifeste prévoit également une sensibilisation et une formation des salariés des sociétés de conseil, à la fois sur les questions techniques mais aussi sur les aspects éthiques, légaux et les risques associés. Parmi les règles figurent, par exemple, l’interdiction d’utiliser des IA non validées par les sociétés de conseil les employant, l’obligation de contrôler au préalable que les données transmises à l’outil ne sont pas protégées par des droits de propriété intellectuelle, l’obligation de renseigner, pour tout usage, le SIA et les données sources utilisées.

Enfin, le document vise à utiliser l’IA de manière “raisonné”, en sélectionnant les solutions les efficientes écologiquement.

Une évolution des métiers inéluctable

Pour Axelle Paquer, l’intégration de l’IA dans les process des cabinets conseil peut améliorer leur performance, sans supprimer d’emplois mais en faisant évoluer les métiers. “Elle recentre la valeur ajoutée sur la dimension créative, personnalisée, les “soft skills” de la profession. Cette valeur ajoutée est notre ADN”.

Son cabinet, BearingPoint, a d’ailleurs développé, depuis deux ans, une intelligence artificielle spécifique, GenX Explore, qui permet, à partir des référentiels métiers, d’établir une gestion prévisionnelle des emplois “dynamique”, en identifiant les activités qui pourrait être automatisées grâce à ces nouvelles technologies. Une aide précieuse, selon Axelle Baquer, pour orienter les personnes concernées “vers d’autres compétences ou à l’inverse recruter sur des postes moins touchés, en cas de départs à la retraite”.

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Anne Bariet
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Syntec conseil vient de publier un Manifeste pour une “utilisation responsable” de l’intelligence artificielle. Le document affirme que l’IA ne peut pas être utilisée sans “supervision humaine systématique”, quelles que soient les étapes de la prestation de conseil ou de recrutement.
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Cet article provient du site Editions Législatives - ActuEL RH